L'Etat islamique continue de poser un "défi sérieux" dans le monde entier malgré ses revers, selon un responsable de l'ONU

New York, États-Unis (PANA) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a été informé jeudi, qu'en dépit de graves revers militaires, l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL/Daech) pourrait encore compter environ 20.000 combattants et que l'organisation poursuivait sa dangereuse transformation en un réseau mondial clandestin, tout en se concentrant sur ses activités de ramifications régionales.

Il s'agit-là des principales conclusions d'un nouveau Rapport des Nations Unies sur les menaces posées par l'Etat islamique présenté au Conseil de sécurité de l'ONU par de hauts responsables de la lutte antiterroriste de l'ONU.

Le Rapport détaille également comment les États membres de l’ONU et le système des Nations unies continuent de renforcer, d'affiner et de promouvoir l’utilisation efficace des outils et des mesures pour faire face à la menace transnationale que représentent le groupe terroriste et ses affiliés.

Vladimir Voronkov, secrétaire général-adjoint du Bureau de la lutte contre le terrorisme des Nations unies, a déclaré que malgré sa défaite militaire en Irak et son retrait de Syrie, l'Etat islamique d'Irak et du Levant, connu sous le nom d'ISIL, restait une préoccupation grave et significative.

M. Voronkov était accompagné de Michèle Coninsx, directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme des Nations unies. Les deux hauts responsables ont divisé le rapport en trois domaines principaux, assurant aux membres du Conseil que "la lutte mondiale contre ISIL et ses affiliés se poursuit".

Premièrement, M. Voronkov a déclaré que malgré une perte de territoire majeure, il y a encore environ 20.000 membres de l'EIIL en Irak et en Syrie, et qu'un noyau de combattants devrait survivre grâce au conflit et à l'instabilité en cours. Un nombre important de militants affiliés à l'EIIL existe également en Afghanistan, en Asie du Sud-Est, en Afrique de l'Ouest et en Libye et, dans une moindre mesure, au Sinaï, au Yémen, en Somalie et au Sahel.

L'EIIL continue d'exercer une présence et une influence dans un large éventail de pays et de régions : l'Indonésie a été frappée par une série d'attentats-suicides meurtriers en mai. En Europe, les messages chiffrés commercialement et la radicalisation dans les prisons suscitent des inquiétudes.

Le groupe terroriste tente même d’étendre sa présence en Afghanistan: M. Voronkov a révélé que lors de sa mission à Kaboul, la capitale afghane, les 14 et 15 août, le président Ashraf Ghani avait proposé une conférence de haut niveau à Kaboul l’an prochain avec l'appui des partenaires pour élaborer une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme axée sur l'Afghanistan.

Deuxièmement, bien que le flux de combattants étrangers de l'EIIL qui rentrent chez eux soit plus lent que prévu, les dangers posés par l'expertise engrangée dans les zones de conflit comme la fabrication de bombes artisanales et de drones armés, sont un sujet de préoccupation majeure.

Les anciens combattants de retour dans leurs pays d'origine ont le potentiel de radicaliser les autres, que ce soit dans le système pénitentiaire ou dans la société en général, et les États membres continuent à éprouver des difficultés à évaluer les risques qu'ils représentent et à élaborer des stratégies

Et troisièmement, l'évolution de l'EIIL (d'une structure proto-étatique vers un réseau clandestin) a conduit les finances du groupe à la clandestinité, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à détecter. Il a toujours la capacité de canaliser les fonds par-delà les frontières, souvent via des pays intermédiaires, vers leur destination finale.

Faisant référence au rapport, M. Voronkov a noté que les États Membres et la communauté internationale devraient redoubler d’efforts pour contrer la menace mondiale en constante évolution de l’EIIL.

Au sein des Nations unies, plusieurs entités travaillent en étroite collaboration pour contrer le groupe, en abordant des domaines critiques tels que le financement du terrorisme, la coopération judiciaire internationale, les poursuites, la réhabilitation et la réinsertion.

Mme Coninsx a ajouté que l'ONU soutenait les États membres dotés des technologies les plus récentes pour sécuriser leurs frontières et donnait des conseils pour l'utilisation efficace de ces technologies, en totale conformité avec le droit international relatif aux droits humains.

"Nous continuons également à forger des partenariats nouveaux et innovants avec le secteur privé, notamment dans le domaine des technologies de l'information et des communications", a-t-elle souligné, soulignant qu'un tel engagement était essentiel pour collecter des preuves numériques dans les affaires de terrorisme. .
-0- PANA MA/JSG/SOC 25août2018

25 Agosto 2018 11:30:08




xhtml CSS