L'Envoyée pour la jeunesse des Nations unies souligne la nécessité de soutenir la santé de la reproduction

Johannesburg, Afrique du Sud (PANA) - En ce siècle, le mariage des enfants ne devrait plus exister et de même des enfants ne devraient pas donner naissance à des enfants, a déclaré mercredi l'Envoyée des Nations unies pour la Jeunesse devant un Forum africain sur la Santé et les droits de la reproduction.

"Les grossesses d'adolescentes sont très répandues sur pratiquement tout le continent. L'Afrique compte les plus forts taux de grossesses précoces au monde. La plus grande partie de ces grossesses surviennent dans le mariage", a indiqué Jayathma Wickramanayake, Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour la Jeunesse, à la cérémonie d'ouverture de la huitième Conférence sur la Santé et les droits de la reproduction qui s'est tenue à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Elle a indiqué que l'Agenda 2030 pour un développement durable, adopté par tous les Etats membres de l'ONU, il y a deux ans et demi, reconnaît qu'une attention accrue pour la santé et le bien-être des adolescentes dans le monde, y compris leur Santé sexuelle et de la reproduction, est la condition nécessaire du succès.

"Une approche intersectorielle est essentielle pour s'assurer d'un développement global des jeunes femmes, ainsi que des jeunes hommes, puisque nous savons qu'une mauvaise Santé sexuelle et de la reproduction a un impact sur toute le vie des jeunes", a-t-elle souligné, selon un communiqué de l'ONU.

Mlle Wickramanayake a noté que des millions d'adolescentes abandonnaient l'école à cause des mariages précoces et des grossesses adolescentes et que des millions d'autres manquaient les cours pendant leurs règles, faute de toilettes dans leurs écoles.

Le manque d'opportunités d'emplois a un impact sur celles qui deviennent mères en étant elles-mêmes des enfants, où celles qui se retrouvent séropositives.

Selon le communiqué, dans un monde qui compte la plus importante génération de jeunes de son histoire, il y a 1,8 milliard de personnes âgées de 10 à 24 ans qui sont les porte-flambeaux des Objectifs de développement durable (ODD). Un engagement et une participation déterminés des jeunes sont essentiels pour la réalisation de l'Agenda 2030.

"Cet engagement est plus important sur le continent africain, la seule région qui va continuer à voir sa population de jeunes augmenter dans les décennies à venir", a-t-elle souligné.

L'Afrique continue à être confrontée à de forts taux de mortalité et de morbidité maternelle et infantile. Il est inacceptable que des femmes continuent de mourir en donnant la vie. Le SIDA fait partie des principales causes de mortalité chez les adolescents en Afrique sub-saharienne.

Tout cela nécessite des efforts concertés pour s'assurer que les jeunes aient partout accès à des services de Santé sexuelle et de la reproduction de qualité, peu coûteux et accessibles.

L'Envoyée spéciale a révélé que lors de sa tournée dans plusieurs pays sur le continent, qui l'a menée au Sénégal, en Gambie, au Ghana, au Nigeria et en Afrique du Sud, elle a vu l'énergie de la jeunesse apportant de la créativité et de nouvelles solutions à de vieux problèmes par la technologie et l'innovation.

C'est la jeunesse qui va impulser le développement de cette région au cours des décennies à venir et l'investissement dans la jeunesse est la solution pour la réalisation et l'aboutissement des ODD et des autres cadres nationaux et régionaux de développement, en particulier l'Agenda 2063 de l'Union africaine.

"Il est grand temps de reconnaître le pouvoir de la jeunesse et la valeur qu'elle peut apporter à la prise de décisions en tant que partenaire à part entière", a affirmé Mlle Wickramanayake.
-0- PANA MA/FJG/JSG/IBA 15fév2018

15 Fevereiro 2018 10:06:26




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