L'Eglise en Namibie connaît encore des divisions raciales

Windhoek- Namibie (PANA) -- L'église namibienne où il est encore fréquent de voir des offices organisés sur une base raciale ne s'est pas adaptée au nouveau système politique de la Namibie, après douze ans d'indépendance.
Même là où des églises noires ont été installées, il existe toujours des divisions basées sur l'ethnie, la tribu et des échanges de coups de poing entre groupes raciaux sont très fréquents dans la Maison de Dieu.
Les souvenirs douloureux de l'ère coloniale où l'église servait à perpétuer la suprématie blanche sur les masses opprimées sont encore vivaces dans l'esprit des Noirs de Namibie.
Certains Namibiens noirs se rappellent encore les premiers missionnaires venus avec la Bible dans une main et un fusil dans l'autre, interprétant de façon erronée des passages du Livre Saint.
Devant cette situation de racisme actuel, certaines églises, comme l'Eglise évangélique luthérienne de la République de Namibie (ELCRN), ont mené une guerre non seulement contre le racisme mais aussi contre le nationalisme et le tribalisme.
L'Eglise luthérienne a fait son apparition en Namibie lorsque de nombreux missionnaires allemands sont venus s'installer au début du 19-ème siècle dans un certain nombre de localités dans ce qui était alors appelé le Sud ouest africain.
Son nouvel évêque, Zephaniah Kameeta, un politicien à la retraite de l'Organisation des peuples du sud ouest africain (SWAPO, pouvoir) et ex-vice président de l'Assemblée nationale est à la tête de cette croisade.
Kameeta, le premier Namibien noir à être désigné à ce rang dans l'église, a récemment profité de son discours d'ordination pour dire à ses compatriotes que l'église a un rôle vital à jouer dans la réconciliation du pays.
Il voudrait que l'église fasse en sorte que le tribalisme et le racisme, qui ont été au siècle dernier à l'origine de terribles souffrances à travers l'esclavage, le colonialisme, l'apartheid, la haine raciale et tribale et la guerre, soient condamnés.
"Nous avons une vision de l'église et d'un monde libérés du racisme et du tribalisme", a-t-il dit, affirmant que l'église doit reconnaître et apprécier la richesse et la beauté des différentes langues, cultures et traditions de l'Afrique au lieu d'agir comme une entité séparée des peuples qu'elle est censée servir.
Il a souligné le fait que tous les peuples sont égaux et que chacun est important aux yeux du Seigneur, ajoutant que ceux qui établissent des discriminations sur la base du sexe et de la race sont des barbares, des ennemis de l'église et de l'humanité.
L'évêque a soutenu que la démocratie et la tolérance doivent être une partie intégrante de la vie d'un chrétien et une composante indispensable au service de l'église.
Concernant les relations de l'église avec l'Etat, Zephaniah Kameeta a dit que la Namibie a besoin d'une église qui luttera en faveur de l'octroi de moyens aux faibles et qui sera la conscience du gouvernement, des leaders politiques et du secteur économique.
"La Namibie a besoin d'une église qui coopérera de façon positive et constructive avec le gouvernement et le secteur privé en faveur de la construction de la nation", a-t-il souligné.
"Notre pays a besoin d'une église qui fera toujours tout son possible pour lire correctement les signes de l'époque et faire face aux défis et exigences du nouveau millénaire mais aussi pour conseiller, sans crainte ni faveur, ceux qui ont le pouvoir en politique et dans les affaires", a-t-il conclu.

06 février 2002 20:35:00




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