L'Ancistrocladus Korupensis, un espoir de guérison du VIH/SIDA

Limbé- Cameroun (PANA) -- L'Ancistrocladus Korupensis, de son nom scientifique, une plante grimpante, constitue la principale attraction du jardin botanique de la ville balnéaire camerounaise de Limbé (Sud-Ouest), depuis que des scientifiques lui ont découvert des vertus de guérison du VIH/SIDA.
Les recherches menées il y a environ deux ans par une équipe de Camerounais, ont révélé que cette herbe contenait une propriété chimique avec des effets positifs contre le virus, selon le conservateur de ce site écotouristique, le Dr Nouhou Ndam.
La plante pousse dans la chaîne montagneuse et volcanique qui côtoie la mer jusqu'au Nigeria, mais seule celle poussant du côté camerounais contient cette propriété.
Malheureusement, regrette le Dr Nouhou, il y a également été décelé une autre substance toxique qui élimine à la fois le virus et l'organisme qui l'héberge.
Afin d'extraire cette substance nocive et de développer les potentialités de l'Ancistrocladus Korupensis, les scientifiques camerounais ont négocié un partenariat avec un laboratoire américain, mais le dossier reste actuellement gelé par les autorités camerounaises.
"Les discussions ont achoppé autour de la question de la propriété intellectuelle et du partage des gains financiers.
Les pourparlers se poursuivent au niveau des instances supérieures de l'Etat.
Il s'agit, pour le Cameroun, de prendre des dispositions pour lutter contre la piraterie et les risques de vol de cette plante très convoitée par la recherche", explique le conservateur.
Toujours dans le domaine des plantes médicinales, des travaux concluants ont également été menés sur le Prunus Africana, un arbre dont l'écorce s'avère efficace pour le traitement du cancer de la prostate.
L'autre curiosité du site est le Cycas, considéré comme la plus vieille plante du monde et qui existait déjà à l'époque des dinosaures, selon les explications des guides.
Cette plante de la famille du palmier, qui produit des cônes pouvant peser jusqu'à 50 kilogrammes, a été ramenée d'Afrique du Sud par les Allemands.
Le jardin botanique de Limbé fut créé en 1892 par le colonisateur allemand.
Il couvrait alors 250 hectares et ses premiers projets d'expérimentation portaient notamment, sur le cacao, le café, le thé et le riz, avant leur vulgarisation à travers le pays.
Avec ses 30.
000 échantillons recensés pour près de 4.
000 espèces, il sera repris par les Anglais après la 2ème Guerre mondiale, avant d'être de nouveau laissé à l'abandon pendant de longues années.
Sa restauration par les nationaux surviendra au début des années 80, sa superficie n'étant plus que d'environ 48 hectares du fait de l'urbanisation rampante.
Avec l'aide de quelques partenaires internationaux, le jardin botanique de Limbé, qui tient aussi lieu de centre de formation de botanistes, conduit d'autres programmes de domestication des produits forestiers non ligneux, dont les plus connus sont le Gnentum Africanum, encore appelé Eru, mais aussi, le rotin.
Ici, les cadres assurent la recherche scientifique, l'éducation des populations de la région à la conservation de la biodiversité, mènent des études de cartographie par satellite et animent un service d'informations géographiques.
Placé sous la tutelle du ministère de l'Environnement et des Forêts, le jardin botanique qui fait partie du Projet de biodiversité du Mont Cameroun, a un statut transitoire d'établissement parapublic.
Il est aujourd'hui en butte à de sérieux problèmes financiers, selon ses responsables.
Un état de précarité qui a déjà conduit quelques uns de ses chercheurs sur les routes de l'exil.
Ses sources de financement sont essentiellement constituées de partenariats et de services, dont les plus importants sont les études d'impacts environnementaux, les plans d'aménagement des forêts, la collecte des images par satellite, les inventaires en vue de l'attribution des concessions forestières.
Bien peu, pour l'entretien de cette zone verte qui accueille annuellement un peu plus de 20.
000 visiteurs, ou encore pour le traitement de ses soixante salariés.
Les besoins annuels sont de l'ordre de 150 millions FCFA, les recettes actuelles représentant moins de 10 pour cent des besoins, affirme le conservateur, qui s'appuie sur une organisation non gouvernementale (ONG) appelée "Les amis du jardin", chargée de former des guides touristiques et de mener des opérations de lobbying.
Les espoirs des cadres se fondent aujourd'hui sur le projet d'autonomisation, dont le texte devrait conférer au jardin un statut de centre de conservation de la biodiversité avec aptitude de conclure des partenariats avec d'autres institutions internationales.

20 novembre 2003 16:21:00




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