Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Dix ans après la déclaration d’Abuja sur la santé, la plupart des pays de l’Union africaine (UA) ne sont pas encore sur la bonne voie pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans le domaine, selon un document rendu public par les experts de l’UA et de la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies (CEA), à l'occasion d'une réunion qu'ils tiennent actuellement à Addis-Abeba.
"Au cours des dix ans écoulés depuis la déclaration d’Abuja, il y a eu des avancées dans l’augmentation des ressources financières disponibles pour la santé, tout au moins en termes de valeurs en dollars", indique le document, dont la PANA a obtenu copie.
Toutefois, il n’y a pas eu de progrès notoires en termes d’engagement des gouvernements de l’UA à l’endroit de la santé, ou en termes de la proportion du Revenu national brut (RNB) que les pays riches consacrent à l’Aide publique au développement, précise le document.
A ce jour, huit pays seulement sont en bonne voie en ce qui concerne l’atteinte des OMD pour la santé, la plupart des pays réalisent moins de 50% des gains nécessaires pour atteindre les objectifs d’ici à 2015, en particulier l’OMD 5 (santé maternelle).
Vingt-sept pays ont augmenté la proportion des dépenses totales de santé de l’administration publique allouées à la santé depuis 2001.
Si seulement le Rwanda et l’Afrique du Sud ont atteint l’objectif de la Déclaration d’Abuja "d’au moins 15%", on déplore que sept pays aient réduit leurs contributions relatives aux dépenses de santé du gouvernement pendant la période mentionnée.
Dans les douze autres pays, il n’y a pas de tendance évidente ni à la hausse, ni à la baisse, note le rapport.
Le niveau moyen des dépenses totales de santé de l’administration publique par tête d’habitant a augmenté de 10 dollars au cours de la décennie, bien que le niveau le plus bas observé demeure toujours très bas (0,47 dollars américains), et le niveau supérieur est tombé de 380 à 314 dollars américains.
Trente-deux pays dépensent actuellement moins de 33 dollars par tête d’habitant pour la santé et sur les quatorze qui dépensent plus de 33 dollars par tête d’habitant, dix d’entre eux sont des pays à niveau de revenus moyens, souligne le rapport.
"Aussi longtemps que les dépenses de santé par tête d’habitant seront basses, les pays ne vont pas atteindre les OMD pour la santé", fait remarquer le document.
Toutefois, si le ratio des dépenses totales de santé par rapport aux dépenses globales du gouvernement et les dépenses totales de santé par habitant augmentent, les contraintes financières à l’atteinte des OMD pour la santé devraient se réduire.
En avril 2001, rappelle-t-on, les chefs d’Etat des pays de l’UA se sont réunis et se sont engagés à fixer un objectif d’allouer au moins 15% de leur budget annuel à l’amélioration du secteur de la santé. Au même moment, ils ont encouragé les pays donateurs à "remplir l’objectif d’atteindre 0,7% de leur Produit intérieur brut (PIB) comme Aide publique au développement aux pays en développement".
-0- PANA IT/TBM/IBA 25mars2011