L'Afrique souhaite que le SIDA bénéficie de l'effet tsunami

Abuja- Nigeria (PANA) -- La Commission de l'Union africaine (UA) souhaite une mobilisation de ressources semblable à celle suscitée par le tsunami pour permettre au continent de faire face à la crise du VIH/SIDA et d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) consistant à arrêter la progression de cette maladie à l'horizon 2015.
La Commissaire de l'UA pour les Affaires sociales, l'avocate Bience Gawanas, a déclaré à la presse à Abuja lundi, que "le résultat spectaculaire" de la mobilisation de fonds pour la catastrophe du tsunami montrait que quand on veut, on peut.
"Nous avons aussi en Afrique une catastrophe semblable à celle du tsunami engendrée par le VIH/SIDA.
Nous devrions être en mesure de mobiliser des ressources pour cette maladie qui tue les gens depuis des décennies", a-t-elle déclaré.
Mme Gawanas a cependant souligné que les dirigeants africains croyaient en la mobilisation de ressources locales en plus des fonds internationaux pour la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme et les autres maladies infectieuses mortelles.
Bien que l'Afrique ne représente que 10 pour cent de la population mondiale, elle abrite 60 pour cent des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Pour la seule année 2004, 3,1 millions d'Africains ont été infectés par le virus responsable de cette terrible maladie, alors que 25,4 millions d'individus en sont morts jusqu'ici sur le continent.
Le VIH/SIDA et la sécurité alimentaire figurent en bonne place au menu des discussions du sommet de l'UA qui se tient dans la capitale nigériane, indique-t-on.
Mme Gawanas a estimé que la réunion d'Abuja constitue une opportunité pour évaluer les progrès réalisés dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA depuis 2001, quand les dirigeants africains s'étaient réunis dans la capitale nigériane pour discuter de la pandémie.
Elle a qualifié ce sommet "de coup d'envoi du processus de préparation de la révision à mi-parcours des Objectifs du Millénaire pour le Développement", en septembre 2005.
"La mobilisation des ressources reste fondamentale si nous voulons atteindre cet objectif.
Nous n'avons pas besoin de nouvelles stratégies.
Nous devons pousser la communauté internationale à respecter ses engagements", a soutenu Mme Gawanas.
Quand on lui a rappelé que seul le Mozambique avait tenu l'engagement de réserver 15 pour cent des budgets nationaux annuels à la santé comme le stipule la Déclaration d'Abuja sur le VIH/SIDA, la Commissaire de l'UA a répondu que les dirigeants avaient pris cet engagement de leur plein gré et qu'ils le tiendraient sans y être contraints.

31 janvier 2005 16:24:00




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