L'Afrique peut se nourrir elle-même, selon Kibaki

Nairobi- Kenya (PANA) -- L'Afrique dispose d'un potentiel suffisant pour produire assez de nourriture pour sa population estimée à plus de 900 millions d'âmes et avoir un excédent voué à l'exportation, ont raporté, vendredi, les services de presse de la présidence kenyane, citant un discours du président Mwai Kibaki devant la 13ème conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine à Syrte, en Libye.
Dans son discours, M.
Kibaki a, toutefois, indiqué que le continent devait, pour ce faire, transformer au préalable ses pratiques agricoles, ajoutant que des ressources substantielles étaient nécessaires pour réaliser la transformation du secteur agricole en Afrique, tout en plaidant pour des efforts concertés des pays membres dans ce sens.
M.
Kibaki a jugé malheureux que la majorité des personnes dans le monde vivant dans l'insécurité alimentaire soit en Afrique et que plus de 45% de la population africaine ne puissent s'offrir deux repas par jour.
Selon lui, pour éradiquer la pauvreté et l'insécurité alimentaire, le continent doit passer de la méthode d'agriculture de subsitance à l'agricukture commerciale où les fermiers considèrent l'agriculture comme une activité qui leur rapporte suffisamment de revenus pour prospérer.
"Outre son importance économique, l'agriculture est la source de l'alimentation.
Une grande proportion de notre population est pauvre et n'a pas un pouvoir d'achat adéquat.
De plus, la majorité de notre population pense qu'elle doit produire ce qu'elle consomme", a observé le président.
M.
Kibaki a fait remarquer qu'il était difficile pour les pays africains de réaliser des taux de croissance économique élevés alors que la majorité de leurs citoyens vivait dans l'insécurité alimentaire et dans une pauvreté abjecte et pour que nos économies croissent assez rapidement pour sortir nos populations de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire, nous dveons investir davantage dans l'agriculture".
Le dirigeant kenyan a demandé aux gouvernements africains de prendre d'autres mesures en dehors du fait de respecter la déclaration de Maputo qui prévoit l'allocation de 10% de leur budget national à l'agriculture, mais aussi d'accroître le budget à au moins 13% d'ici à 2012.
"Je suis arrivé au chiffre de 13% en m'appuyant sur des exemples actuels et, parce que c'était ce que nous dépensions dans les anénes 1960 et 1970 quand nos économies prospéraient de plus de 10% et que nous avions presque la sécurité alimentaire", a-t-il expliqué.
Soulignant que le moment choisi pour le sommet était approprié compte tenu de l'éminence du développement économique et de l'insécurité alimentaire sur le continent, le président a jugé déplorable que l'Afrique soit encore un importateur de denrées alimentaires.
Pour M.
Kibaki, on n'insistera jamais assez sur le rôle de l'agriculture dans la plupart des pays africains, outre dans ceux dotés d'importantes ressources minérales, ajoutant que quand l'agriculture se développe rapidement les économies prospèrent encore plus rapidement et quand l'agriculture décline, les économies déclinent aussi.
"Le secteur contrinue pour plus de 25 pour cent du PIB; c'est la principale source d'emplois particulièrement pour la population rurale; et c'esta aussi la principale source de devises étrangères.
C'est pour cette raison que la croissance économique de nos pays est étroitement liée à la croissance de l'agriculture", a-t-il constaté.
Durant le forum, M.
Kibaki a mis en exergue cinq domaines-clé que les pays africains doivent privilégier afin de réaliser la transformation agricole.
Il a invité les gouvernements à s'assurer que tous les intrants agricoles sont disponibles et abordables pour les fermiers et sont subventionnés en partie; s'assurer que les fermiers ont accès au crédit mais aussi modifier la loi sur le crédit en faveur des entreprises agricoles.
M.
Kibaki a également plaidé en faveur de l'investissement dans l'agriculture irriguée afin de réduire la surdépendance aux pluies et aussi atténuer les caprices de la météo.
Il a exhorté chaque pays africain à s'engager à atteindre plus de 50% de son potentiel d'irrigation d'ici à 2020, citant l'exemple kenyan où le pays s'est fixé l'objectif d'étendre les terres irriguées de 150.
000 hectares présentement à au moins 1 million d'hectares d'ici à 2020.
En outre, le président Kibaki a demandé à toutes les nations de maintenir et renforcer leurs institutions agricoles dans le cadre de la recherche de l'innovation et la prestation de services de qualité.
"De ce fait nous allons faire évoluer nos entreprises agricoles du statut de producteurs de matières premières à celui de producteurs de produits à valeur ajoutée prêts à la consommation", a conclu le président kEnyan.

03 juillet 2009 15:56:00




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