Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le budget annuel de la plupart des gouvernements africains inclut un financement extérieur.
Mais quoique leurs ressortissants apprécient le financement, par les bailleurs de fonds, des projets de développement, ils en ont assez d'entendre parler de ministres des Finances qui parcourent le monde avec une sébile.
"Il n'y a pas de véritable raison à ce que l'Afrique continue à mendier.
L'Afrique est trop riche pour être pauvre", a affirmé l'homme d'affaires Alhaji Bamanga Tukur, qui soutient que le continent africain n'est pas pauvre.
Seulement, "il faut une bonne gestion de nos ressources", a-t-il déclaré à la PANA.
M.
Tukur qui présidait la Table ronde des entreprises africaines, en marge d'une réunion d'une journée qui regroupait la Commission de l'Union africaine et les représentants du secteur privé africain, a fait remarquer que "les dirigeants et le secteur privé africains peuvent unir leurs forces pour faire du continent un endroit meilleur que ce qu'il est aujourd'hui".
Concernant la situation qui prévaut actuellement en Afrique, M.
Tukur a souligné que les efforts déployés dans toutes les sphères du développement se sont heurtées à de lourdeurs bureaucratiques.
S'il a reconnu qu'il est indispensable d'assurer la sécurité en Afrique, il n'en a pas moins dénoncé aussi les obstacles notés dans la circulation des personnes et des biens, dans le cadre de leurs activités qui leur permettent d'assurer leur subsistance.
Prenant l'exemple de l'éducation pour illustrer la régression des services nationaux, M.
Tukur a rappelé que jusqu'aux premières années des indépendances, les gouvernements africains prenaient entièrement en charge les frais de scolarité des populations.
"Jusqu'à l'Université, l'enseignement était gratuit et nous recevions des bourses pour nous permettre de nous préparer aux défis à venir", a-t-il dit.
Mais, aujourd'hui, a-t-il regretté, "les décideurs font comme s'ils avaient oublié le passé".
Faisant la comparaison entre les Africains qui se sont réunis cette semaine à Addis Abeba pour régler des problèmes et les Européens qui se trouvaient en même temps en Turquie pour se féliciter des efforts qu'ils ont déployés pour construire leur continent, M.
Tukur a invité les Africains à parler d'une même voix.
"Nous devrions redéfinir l'Afrique en ce 21ème siècle et faire de ce projet une réalité.
Nous devrons en assumer l'entière responsabilité afin que le village mondial dont nous nous réclamons soit réellement traduit en actes", a-t-il dit.
En soulignant que le temps des discours était révolu, M.
Tukur a lancé un clin d'oeil aux dirigeants de l'Union africaine en leur disant que les "discussions sur l'égalité entre l'homme et la femme, sur la jeunesse, ou sur les filles et les garçons divisaient les gens".
Par ailleurs, l'homme d'affaires éthiopien a également souligné que le budget de 600 millions de dollars dont l'UA veut se doter "était trop peu important pour dirige une organisation continentale".
Il a suggéré que l'UA ait d'autres sources de financements qui devraient être générés par les Etats membres de l'organisation pour que l'Afrique reste propriétaire de sa vision et de son objectif.
"Nous pouvons de nous mêmes créer des richesses suffisantes pour mener à bien le programme de l'UA", "mais à condition que les gouvernements créent un environnement favorable pour permettre aux entreprises africaines de prospérer, et aux entrepreneurs de circuler librement à travers le continent", s'est-il empressé d'ajouter.
S'agissant de la pauvreté et du sous-développement, M.
Tukur a mis ces deux fléaux sur le compte de la corruption, de l'impunité, du manque de respect de l'autorité et de l'Etat de droit.
Il a enfin souligné l'importance du secteur privé africain qui ne se présente pas seulement comme un partenaire, mais aussi et surtout comme un groupe de pression pouvant agir pour la bonne gouvernance et assurer une bonne gestion des ressources disponibles sur le continent.