L'Afrique du Sud continue à être aux prises avec le racisme (analyse)

Le Cap, Afrique du Sud (PANA) - Par Craig Urquart, correspondant de la PANA.
Plus de deux décennies après que l'Afrique du Sud a confondu le monde en accueillant des élections libres et crédibles, qui avaient élu Nelson Mandela, grâce à un ticket non-raciste, cette ancienne terre d'Apartheid continue d'être aux prises avec des manifestations racistes.

Suite à ce développement, la Nelson Mandela Foundation s'est maintenant associée avec une autre fondation - administrée par le vieux co-détenu de Mandela à Robben Island, Ahmed Kathrada - pour mettre sur pied un réseau de lutte contre le racisme.

L'initiative sera soutenue par la Fondation pour les droits de l'Homme et le ministère de la Justice et du Développement constitutionnel.

Neeshan Balton, le directeur de la Fondation Ahmed Kathrada, a indiqué qu'un nombre élevé d'incidents racistes indiquent que le pays ''connait la résurgence d'autres formes de racisme public, ouvert et de tensions raciales''.

L'Institut pour la justice et la réconciliation a organisé cette semaine un dialogue sur le traumatisme et la thérapeutique au Cap où les victimes d'atrocités de l'époque de l'Apartheid ont revécu à leur calvaire.

Candice Mama a déclaré au forum qu'Eugene De Kock, le policier le plus tristement célèbre de l'époque de l'Apartheid du pays, avait vidé son chargeur sur son père, Glenack Mama, avant de calciner son corps.

D'une façon ou d'une autre, après avoir rencontré l'année dernière, l'homme qu'on surnommait ''le Mal Personnifié", elle avait trouvé un moyen de lui pardonner. Après qu'il lui a présenté ses excuses, ils se sont étreints. "C'est avec beaucoup d'émotions et de frissons que l'on rencontre le meurtrier de son père", a-t-elle déclaré.

De Kock, qui a passé 20 ans dans une prison de haute sécurité à Pretoria, avait été mis en liberté conditionnelle l'année dernière.

Le juge Albie Sachs, qui s'est également prononcé au cours du forum, s'est rappelé comment il avait fait la paix avec son assaillant. Sachs avait perdu un bras et un œil après avoir ouvert le colis piégé de l'ex-policier Henri van der Westhuizen à Maputo, au Mozambique.

Sachs, qui était un avocat à cette époque, défendait des victimes de l'époque de l'Apartheid. Il a déclaré qu'il avait voulu "ne pas être rattrapé par l'histoire, mais le changer en quelque chose de positif".

En attendant, un groupe d'entraide pour les victimes de l'Apartheid a invité le géant médiatique sud-africain, Naspers, à créer un fonds pour les victimes de graves violations des droits de l'Homme. L'appel a été fait après les excuses publiques faites par la société sur le rôle qu'elle avait joué pour soutenir les politiques de l'Apartheid, que les Nations unies avaient considéré comme un crime contre l'humanité dans les années 1980.

"Nous reconnaissons notre complicité avec un régime politique moralement indéfendable et comment elle a eu un impact nuisible dans nos salles de rédaction et salles de conférences", a déclaré le Président-directeur général de la société, Esmare Weideman, lors de la célébration des 100 ans de la société, le mois dernier au Cap.

Naspers, qui est la plus grande maison de presse de l'Afrique, avec une valeur marchande de plus de 60 milliards de dollars américains, avait refusé de témoigner devant la Commission Vérité et Réconciliation, qui était chargée de mener une enquête sur les crimes commis durant la période de l'Apartheid, dans les années 1990.
-0- PANA CU/VAO/ASA/TBM/IBA  02août2015

02 أغسطس 2015 18:23:06




xhtml CSS