L'Afrique de l'Ouest, un réservoir de conflits, selon Bathily

Cotonou- Bénin (PANA) -- Le processus de démocratisation dans la sous-région ouest-africaine a, à l'exception de la zone des Grands Lacs avec le génocide au Rwanda, connu plus de tumultes que partout ailleurs sur le continent, a estimé, jeudi à Cotonou le professeur Abdoulaye Bathily, député à l'Assemblée nationale sénégalaise.
S'exprimant au cours d'une plénière du Forum des partis politiques, les médias et la Société civile sur le renforcement de la paix et de la démocratie en Afrique de l'Ouest, le député sénégalais a laissé entendre que la sous-région ouest-africaine a enregistré au cours des deux dernières décennies, les conflits les plus longs et les plus sanglants.
"Au Liberia, en Sierra Léone, en Guinée-Bissau, en Côte d'Ivoire, le processus de démocratisation se déroule dans un contexte de guerre civile aux conséquences dévastatrices dans tous les domaines de la vie des populations", a-t-il déploré.
Il a également regretté que dans d'autres pays comme le Sénégal, la Casamance connaisse depuis 1982, une rébellion que les autorités ont eue de la peine jusqu'ici à juguler.
"Si le Mali et le Niger ont réussi à mettre fin aux insurrections touarègues, toute la bande sahélienne, de la Mauritanie au Niger demeure une ceinture de feu autour de la sous-région , a-t-il dit, soulignant que le repli de certains groupes armés "islamistes" liés ou non à à Al Qaïda, dans le Sahara, avec leur expertise idéologique et guerrière, constitue une menace durable sur la stabilité de tous les pays du Sahel.
Selon le professeur Bathily, les pays épargnés directement par les conflits armés internes n'échappent cependant pas aux effets indirects et aux phénomènes de dominos induits par ces conflits.
"A l'intérieur de chaque pays, les tensions connaissent sans exception un niveau d'intensité plus ou moins vif, découlant du degré de la crise économique et sociale ambiante", a-t-il fait remarquer, soulignant que l'Afrique de l'Ouest offre le spectacle d'une zone volcanique avec des foyers en éruption.
Pour le député sénégalais, ces conflits ont leurs racines dans un substrat économique, social et politique tel que forgé par l'histoire.
"L'examen, au cas par cas, des conflits ouest-africains montre toute l'importance des facteurs historiques", a-t-il indiqué, ajoutant qu'ils sont le produit d'une longue sédimentation des processus vécus par les formations économiques et sociales.

30 june 2005 14:57:00




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