L'Afrique appelle au renforcement des relations afro-asiatiques

Tokyo- Japon (PANA) -- Les dirigeants africains, qui ont pris part massivement à la 3è Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD III), ont indiqué qu'ils aspiraient à une plus grande coopération avec les pays asiatiques comme un résultat de la réunion de Tokyo.
"L'Afrique a un potentiel important en termes de ressources naturelles et humaines - ce qui est un élément majeur pour l'établissement d'un partenariat constructif avec le Japon, les autres pays asiatiques et le monde dans son ensemble", a affirmé le président Omar Bongo dans un discours de clôture prononcé au nom de ses pairs africains.
"C'est pour cette raison que la TICAD III doit donner une nouvelle impulsion à la coopération entre nous (l'Afrique et l'Asie), dans le cadre d'une relation qui soit mutuellement bénéfique pour nos intérêts", a-t-il déclaré.
M.
Bongo a reconnu que cette conférence de trois jours s'était tenue à un moment particulièrement difficile pour l'Afrique, "puisque tous les indicateurs sociaux et économiques semblaient moroses pour le continent".
Parmi ces indicateurs, on peut noter la participation marginale de l'Afrique au commerce mondial, un pourcentage très faible de l'investissement étranger direct comparé aux autres régions, des indices de développement humain faibles, un accroissement de la pauvreté et des maladies comme le VIH/SIDA et le paludisme.
Les autres sont les revers enregistrés dans le développement des infrastructures de base, et le fardeau écrasant de la dette.
"Il est vrai que certains progrès ont été enregistrés depuis 2000 grâce aux efforts conjoints des Africains et de leurs partenaires au développement, mais étant donné la situation actuelle des affaires, aucun pays ne va atteindre, ou même se rapprocher des Objectifs du Millénaire pour le développement, fixés pour d'ici 2015", a fait remarquer M.
Bongo.
Il a déploré qu'à un moment où les pays développés affichaient des niveaux records en matière de revenus, l'aide publique au développement était à l'inverse passée de 0,5 pour cent du PIB dans les années 60 à 0,2 pour cent aujourd'hui.
"L'échec de la conférence de Cancun n'a fait que renforcer les craintes de nos populations, qui se sentent de plus en plus marginalisées", a déclaré le dirigeant gabonais.
Cependant, a-t-il déclaré, l'Afrique n'a pas été ébranlée par une telle adversité et poursuit "des réformes profondes pour améliorer la gouvernance, l'environnement économique, la démocratie et la stabilité, lutter contre la pauvreté et les maladies, et jeter les bases de l'intégration régionale à travers l'Union africaine et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).
Le président Bongo a déclaré qu'il y avait des raisons d'être optimiste à propos des résolutions adoptées dans le cadre de la Déclaration du 10è anniversaire de la TICAD, qui incluent la volonté politique, et la détermination des populations et des dirigeants de l'Afrique à relever le défi du développement durable.
M.
Bongo a aussi noté un engagement renouvelé de la part de la communauté internationale envers la reconstruction de l'Afrique dans le cadre d'un partenariat basé sur la dignité, la solidarité et le respect mutuel.
Il a préconisé la mise en place de mécanismes pour le suivi des conclusions de la TICAD III.
Quelque 23 chefs d'Etat et de gouvernement africains étaient à Tokyo pour cette conférence.
En tout, 89 pays et 47 organisations régionales et internationales, dont des ONG étaient représentés à ce forum.

01 october 2003 15:11:00




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