L’Accord d’Arusha sur la paix et la réconciliation toujours d'actualité au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - L’Accord inter-burundais d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, ayant mis fin à plus d’une décennie de guerre civile, est entré, mardi, dans sa 17ème année d’existence, sur fond de craintes d’un autre conflit fratricide lié à une nouvelle crise politique majeure en cours depuis les élections générales controversées et émaillées de violences de 2015.

Peu de réactions ont été toutefois enregistrées dans les états-majors des partis politiques à l’anniversaire de cet accord qui avait été arraché de main de maître par l’ancien chef de l’Etat sud-africain et icône de la lutte contre la ségrégation raciale, Nelson Mandela.

La crise des élections générales controversées et émaillées de violences de 2015 avait remis au goût du jour l’Accord d’Arusha.

La candidature de l’actuel chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, à un troisième quinquennat, avait été jugée « contraire » à l’esprit d’Arusha et de la Constitution de 2005, dans les milieux de l’opposition et de la Société civile.

L’Accord d’Arusha est explicite sur les deux mandats de cinq ans qu’il ne faut pas dépasser dans l’exercice de la fonction présidentielle, pour éviter l’usure du pouvoir.

Le même accord prévoit encore un partage équitable du pouvoir à hauteur de 60% des responsabilités, pour la majorité ethnique des Hutu, contre 40%, pour la minorité Tutsi.

La Constitution de 2005, quant à elle, a été rédigée dans l’esprit d’Arusha, malgré la persistance de certaines zones d’ombre au sujet du nombre de mandats présidentiels à l’origine de la crise persistante aujourd’hui encore au Burundi.

Le parti au pouvoir avait profité d’un flou dans la Constitution sur le nombre de mandats présidentiels pour présenter la candidature de l’actuel chef de l’Etat, élu une première fois, en 2005, au suffrage universel indirect par le Parlement, puis directement par la population, en 2010 et en 2015.

Une coalition de l’opposition intérieure et en exil reste mobilisée pour « défendre l’Accord d’Arusha et l’Etat de droit » (Cnared, principale plate-forme).

Le pouvoir, de son côté, veut aller de l’avant à travers la mise sur pied d’une Commission nationale du dialogue inter-burundais (Cndi) chargée de recueillir les avis et considérations de la population sur certaines questions nées de la crise électorale de 2015, notamment l’avenir de l’Accord d’Arusha et de la Constitution.

Le rapport de la commission est sorti en mai dernier et laisse entendre que « la majorité des Burundais » s’est exprimée en faveur de l’amendement de l’actuelle Constitution, notamment dans le sens de supprimer les dispositions limitatives du nombre de mandats présidentiels dans un régime qui se veut « démocratique ».

Nombreux sont encore les citoyens auxquels le rapport attribue la recommandation d’abroger l’Accord d’Arusha pour ne garder que la Constitution, afin d’éviter dans l’avenir des situations conflictuelles entre les deux textes, comme cela a été le cas en 2015.

La tâche de réviser la Constitution encore en vigueur a été confiée à une commission gouvernementale qui rendra sa copie avant la fin de l’année.

Les Burundais retournent aux urnes en 2020 et la température a déjà commencé à grimper dans les milieux politiques du pays, certains suspectant l’actuel chef de l’Etat de vouloir récidiver en commanditant la révision de la Constitution avant que le conflit politique de 2015 ne soit vidé.
-0- PANA FB/BEH/IBA  28août2017



28 août 2017 14:05:31




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