Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) – L’Association pour le Développement de l’Education en Afrique (ADEA) a cru indispensable ce vendredi, dernier jour des travaux de la Triennale de l’Education et de la Formation, de partager avec les participants des valeurs spirituelles et morales devant guider les acteurs du développement durable en Afrique.
Le contour métaphysique, que les premières communications ont donné à ce sujet, aurait pu refroidir les ardeurs de l’assistance plutôt prête à moraliser la gouvernance des Etats, si la suite des présentations n’avait pas occulté les connotations conflictuelles des dogmes religieux, pour mettre en exergue les vertus d’amour, de solidarité et de rigueur dans le transfert des connaissances, depuis l’enseignement primaire jusqu’au tertiaire.
L’interprétation qu’a faite la ministre burkinabè de l’Education et de l’Alphabétisation, Mme Koumba Bory Barry, de ces vertus, a certainement contribué à recadrer les débats, lorsqu’elle a traduit dans la réalité pratique les manifestations de cette approche qui, selon elle, requiert de l’école un minimum d’attention aux préoccupations péri-scolaires de l’enfant (problèmes nés des difficultés familiales, entre autres) qui handicapent visiblement l’évolution de l’élève dans le milieu scolaire.
Le leadership et le changement indispensables à l’Education et à la formation en Afrique tiendraient donc aussi bien à ces vertus qu’à celles de la gouvernance, tant et si bien que les participants n’ont pas manqué de pointer du doigt, à divers niveaux de prise de décisions, le besoin d’une bonne gouvernance, d’un esprit de solidarité, qui exclut le culte de la personnalité, l’intérêt personnel, ainsi que la culture de la médiocrité.
Moralité que schématise un intervenant, en empruntant la lumineuse formule selon laquelle « le monde dispose de suffisamment de ressources pour combler les besoins de toute sa population, mais ces mêmes ressources sont insuffisantes pour satisfaire l’avidité d’un seul homme ». Une autre manière de dessiner le ravage auquel se prêtent la corruption et la mal-gouvernance.
Ailleurs, certaines valeurs, véhiculées avec des apports extérieurs et transmises par le langage populaire à l’enfant, ne sont pas non plus de nature à éviter d’entrer en conflit avec le contexte culturel de l’apprenant.
Le Sénégalais Amadou Wane Diagne, spécialiste en Education, s’en fait l’écho, en empruntant au conte « Bouki-l’hyène » les ressources de « la ruse pour s’approprier les droits des autres », dans le but d’illustrer et opposer l’adage populaire, qui veut que « charité bien ordonnée commence par soi-même », à l’invite de solidarité et d’amour du prochain que l’ADEA entend voir entouré le contexte de leadership et de changement dans le vaste champ de l’éducation et de la formation en Afrique.
Pour mémoire, on raconte que Bouki, l’hyène, chargé d’effectuer le partage de la viande de bœuf aux funérailles de son père, mit à exécution des critères de partage favorables à son accaparement de toute la viande.
Sur les quatre parts, la première devrait aller à celui qui s’appelait Bouki (son prénom), la deuxième à Ndour (son surnom), la troisième au fils aîné (il était l’aîné) et la dernière au premier qui l’aura prise (il avait déjà sa main posée sur cette part).
-0- PANA SSB/IBA 17février2012