Kufuor annonce son retrait prochain du pouvoir au Ghana

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le président ghanéen, John Kufuor, a annoncé, jeudi à Addis-Abeba, son intention de se retirer du pouvoir à la fin de son mandat cette année, tout en saluant la présence des chefs d'Etat africains réunis à Addis-Abeba pour discuter de la question du gouvernement de l'Union.
Le chef de l'Etat ghanéen, qui a également quitté son poste de président en exercice de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine à l'issue de son mandat d'une année, a remercié ses pairs de l'avoir élu à ce poste prestigieux, estimant qu'il s'agissait d'un "couronnement dans sa carrière politique".
Le président Kufuor a piloté les efforts visant à transformer l'organisation en un puissant lobby chargé de défendre les intérêts de l'Afrique et il a aussi supervisé les négociations visant à obtenir le financement des principaux programmes de l'Union africaine en matière de gestion des conflits.
De même, il a laissé un héritage en tant que signataire de l'accord prévoyant la construction d'une salle de conférences polyvalente pour l'Union africaine, jusqu'ici obligée de se rabattre sur les infrastructures de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA) pour y tenir ses rendez-vous.
Le chef de l'Etat ghanéen, qui a, par ailleurs, informé les dirigeants africains de sa récente mission de médiation au Kenya, actuellement plongé dans un chaos postélectoral, a plaidé pour un débat plus serein sur les questions en suspens à l'ordre du jour du sommet, notamment la question du gouvernement de l'Union africaine, communément appelé les Etats unis d'Afrique.
Il a présidé la cérémonie de présentation d'un audit sur les structures de la Commission de l'UA qui souligne, entre autres, les graves irrégularités commises au niveau des organes administratifs de l'organisation.
Pour sa part, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, qui avait cédé le fauteuil de président au chef de l'Etat ghanéen, en 2006, a dit son opposition à la mise en oeuvre immédiate du projet relatif au gouvernement de l'Union, estimant qu'elle devait être précédée par l'intégration des blocs économiques régionaux.
Le président Nguesso a expliqué que les Africains devaient travailler à doter le continent de meilleures infrastructures dans les domaines des télécommunications et du transport, par le biais de la mise en place de connections ferroviaires à grande vitesse, estimant qu'il s'agissait-là d'un préalable à tout échange de vues fructueux sur la question du gouvernement de l'Union.
En outre, le chef de l'Etat ghanéen a indiqué que la feuille de route du gouvernement de l'Union avait été tracée et que les chefs d'Etat africains avaient pour responsabilité immédiate de décider s'il fallait mettre en oeuvre le projet de gouvernement africain ou de la démarche à suivre pour y parvenir.
Ce projet a été examiné par des équipes ministérielles inter- Etats, qui ont fait des propositions sur la façon dont il conviendrait de prendre en charge la question.
Le président Kufuor a noté que cette année marque la fin d'une phase de transition pour l'UA, l'organisme se dirigeant vers la mise en place de sa deuxième équipe de commissaires, le mandat des membres de la Commission actuelle, présidée par l'ancien chef de l'Etat du Mali, Alpha Oumar Konaré, étant arrivé à son terme.
Le président Kufuor a appelé les dirigeants à élire des responsables compétents au poste de commissaires et le président de la Commission à guider l'organisation vers de nouveaux succès.

01 février 2008 12:18:00




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