Konaré pour le principe de "non-indifférence" en Afrique

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) – Le président de la -Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré a plaidé, jeudi, pour l'application du principe de "non-indifférence" en Afrique, lors de la cérémonie d'ouverture de la 10ème session ordinaire du Conseil exécutif de l'organisation panafricaine.
"Il nous faut assumer notre principe de non-indifférence qui est l'ingérence courtoise et solidaire", a-t-il souligné, ajoutant: "Si on ne peut pas se dire la vérité, on court tout droit à la catastrophe".
Dénonçant l'absence de réactions face aux conflits qui assaillent l'Afrique, M.
Konaré s'est demandé si "on pouvait se contenter d'observer et de faire des communiqués", avant de revenir sur les tensions et conflits qui déchirent le continent africain, estimant notamment qu'"il faut résoudre les problèmes sécuritaires pour arrêter le gâchis et le gaspillage".
Evoquant la situation en Guinée-Conakry, M.
Konaré a souhaité que le dialogue qui vient de s'amorcer sous les auspices de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) puisse déboucher sur une paix durable.
A propos de la situation au Soudan, il a affirmé que les lignes d'un accord entre le Soudan, les Nations unies et l'Union africaine ont été définies.
"Il s'agit maintenant d'avancer, en veillant à ce que la situation ne se dégrade, du fait tantôt des attaques des rebelles ou des bombardements des troupes gouvernementales, comme ce qui s'est passé dernièrement".
Alpha Oumar Konaré s'est toutefois félicité de la décision du gouvernement éthiopien d'entamer le retrait de ses troupes en Somalie, comme il s'y était engagé.
Mais, ajoute-t-il, "si nous voulons que ce processus aboutisse, il faut déployer nos forces sur le terrain".
Il faudrait, selon lui, envoyer quelque 8.
000 hommes sur le terrain en Somalie.
Or les pays africains rechignent à y envoyer des troupes.
A ce jour, note M.
Konaré, seuls l'Ouganda et le Nigeria ont donné leur accord.
D'autres pays comme le Ghana et le Malawi ont affiché de bonnes dispositions par rapport à l'envoi de leurs soldats.
Aussi, a-t-il lancé un appel aux pays africains, pour qu'ils fournissent à l'Union africaine des soldats et des moyens pour lui permettre de mener à bien cette mission, précisant que "l'Afrique ne peut pas laisser ce rôle aux partenaires, sans en subir des conséquences graves".
En attendant, il tire la sonnette d'alarme, estimant que "si les troupes ne sont pas déployées rapidement, la situation pourrait se dégrader très vite".
D'autres dossiers ont été abordés par le président de la Commission de l'UA, notamment la Côte d'Ivoire où la CEDEAO a déjà fait des propositions de sorties de crise.
En ouvrant la réunion du Conseil exécutif, le ministre d'Etat congolais, ministre des Affaires étrangères et de la Francophonie, Rodolphe Adada, par ailleurs président de ce conseil a, lui aussi, fait remarquer que "l'action de la présidence en exercice de l'UA s'est beaucoup plus concentrée sur la recherche des solutions aux différentes crises qui déchirent certains de nos Etats membres".
Il a souligné que: "les questions de paix et de sécurité, avec notamment les crises de la Côte d'Ivoire, du Darfour et ses répercussions au Tchad et en République centrafricaine ont particulièrement mobilisé toutes nos énergies".

25 janvier 2007 16:33:00




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