Konaré pour la mise en œuvre de l'accord sur le Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a mis en garde, lundi, contre le risque d'une rapide détérioration de la situation dans la région du Darfour (ouest du Soudan), demandant aux pays membres de l'UA de mettre des troupes supplémentaires à la disposition des forces de maintien de la paix déployées dans la région.
Il a déjà été noté un certain nombre de tentatives de dénaturer et de discréditer l'Accord de paix sur le Darfour, notamment dans les camps des personnes déplacées, indique M.
Konaré, dans un rapport rédigé à l'intention du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA.
Le CPS s'est réuni lundi à Addis-Abeba au niveau ministériel afin d'examiner la situation au Darfour et le rapport de M.
Konaré sur la conclusion des pourparlers de paix sur le Darfour, bouclés le 5 mai 2006, à la suite de la signature de l'Accord de paix.
Le démarrage de la mise en oeuvre de l'accord de paix sur le Darfour est prévu le 16 mai 2006, alors que deux des parties ayant participé aux pourparlers ont refusé d'apposer leur signature au document.
Seuls le gouvernement du Soudan et le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A), dirigé par Minni Minawi, ont signé l'accord de paix.
Selon M.
Konaré, la situation sécuritaire dans le Darfour demeure une grande source de préoccupation.
Le président de la Commission de l'Union africaine a également déploré le refus de deux leaders de factions de signer l'accord de paix.
En effet, Abdulwahid Nour du SLM/A et Khallil Ibrahim du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) n'ont pas voulu parapher l'accord de paix sur le Darfour.
M.
Konaré a ensuite précisé qu'au cas où les deux leaders de faction prendraient l'initiative d'une action ou d'une mesure susceptible de compromettre l'accord de paix, il faudra alors que le CPS prenne des mesures appropriées contre ces derniers.
Il s'agira, notamment, de demander au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer des sanctions contre eux, en application des dispositions de la résolution 1591, adoptée le 29 mars 2005, par le Conseil de sécurité.
Par cette résolution, le Conseil de sécurité décidait de l'imposition de sanctions telles qu'une interdiction de voyager et le gel des avoirs des personnes qui entravent le processus de paix par des violations des droits humains et des mesures prévues par les résolutions précédentes.
L'accord de paix sur le Darfour est ouvert à la signature jusqu'au 15 mai 2006.
La semaine dernière, le Conseil de sécurité des Nations unies a fait part de sa profonde préoccupation devant la détérioration de la situation humanitaire dans le Darfour et le déficit de financement des actions humanitaires.
Le Conseil avait exhorté les Etats membres à mettre à disposition des crédits supplémentaires et avait aussi appelé toutes les parties soudanaises à respecter la neutralité, l'impartialité et l'indépendance de l'assistance humanitaire.
Selon M.
Konaré, les personnes qui ont peur de la paix dans le Darfour ainsi que les supporters et membres des groupes n'ayant pas encore adhéré à l'accord de paix manœuvrent pour s'opposer à la mise en œuvre de l'accord de paix.
"Cet accord marque une avancée majeure et un pas important dans la direction de la paix, de la stabilité, de la reconstruction et de la démocratie dans le Darfour et dans l'ensemble du Soudan", a-t-il affirmé.
Suite à la signature de l'accord de paix par le gouvernement et le principal groupe rebelle, le SLM/A, M.
Konaré a demandé aux CPS d'exhorter les autorités de Khartoum à approuver la transition marquée par le passage de l'opération de maintien de la paix dans le Darfour sous la responsabilité des Nations unies.
Il a suggéré que le processus commence immédiatement en permettant à l'équipe onusienne chargée de l'évaluation technique et aux autres mécanismes de planification de se mettre sérieusement au travail.
Cela est particulièrement utile, compte tenu du fait que le mandat actuel de la Mission africaine au Soudan expire dans quatre mois et demi et que le délai minimum dont les Nations unies ont besoin pour une transition efficace est de six mois, a encore expliqué M.
Konaré.
Il a encore indiqué que, sur cette question, il est en contact avec le président en exercice de l'Union africaine pour que la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement recueille l'avis des autorités soudanaises et des autres acteurs sur la meilleure façon de diligenter le processus de paix et sur la transition.
Dans sa déclaration du 9 mai 2006, le Conseil de sécurité des Nations unies encourageait le Secrétaire général à consulter d'urgence les pays susceptibles de fournir des troupes au contingent de maintien de la paix sur les moyens nécessaires à l'opération des Nations unies.
Il soulignait également que l'opération des Nations unies enregistre une forte participation africaine et appelait les organisations internationales et régionales ainsi que les Etats membres à fournir toute l'assistance possible à l'opération des Nations unies.
Dans sa décision du 10 mars 2006, le Conseil réaffirmait l'appel lancé aux partenaires de l'UA pour qu'ils fournissent toute l'assistance financière et logistique nécessaire afin de soutenir l'AMIS jusqu'au 30 septembre 2006 et apportent leur appui aux pourparlers de paix d'Abuja.
A ce sujet, le Conseil a salué l'idée de la convocation, à Bruxelles et avec le soutien des Nations unies et de l'UE, d'une conférence pour l'annonce des contributions.
Par ailleurs, la Commission de l'UA a distribué aux donateurs les principales prévisions budgétaires, d'un montant total de 170 millions de dollars, destinées au financement des opérations de l'AMIS.
En outre, la Commission prépare actuellement le concept des opérations pour la période de transition, ce qui permettra de disposer d'une base pour le budget supplémentaire, a mentionné M.
Konaré.
Il a expliqué que ce budget supplémentaire couvrira les besoins liés à la mise en oeuvre de l'accord de paix sur le Darfour pendant la période de transition.
Une conférence pour l'annonce des contributions, au cours de laquelle les budgets principal et supplémentaire seront présentés, devrait se tenir dans le courant du mois de juin 2006, à Bruxelles, en Belgique.
Entre-temps, les gouvernements du Royaume-Uni et du Canada ont confirmé qu'ils mettraient à disposition des moyens aériens, ainsi que des stocks de carburant pour les véhicules et les aéronefs jusqu'à la fin de la période de transition, qui s'étend du 1er avril au 30 septembre 2006.
L'AMIS est confrontée à un important déficit de ressources financières depuis le mois d'avril 2006, ont confirmé des sources proches de l'Union africaine.

15 mai 2006 16:56:00




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