Kibaki sollicite l'appui des dirigeants africains au Kenya

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le président kenyan, Mwai Kibaki, a exhorté vendredi les dirigeants africains à trouver une solution à la crise post électorale dans son pays, à condition que la Conférence des chefs d'Etat évite de s'aligner sur la position des gouvernements étrangers en apportant son appui à l'opposition.
Le président Kibaki a encore prévenu que la crise au Kenya pourrait ne jamais s'éteindre par des voies pacifiques, si l'option du partage du pouvoir devait être retenue comme solution pour mettre un terme à la violence dont il a accusé l'opposition, avec l'aide de gouvernements étrangers.
Le chef de l'Etat kenyan, qui s'adressait au sommet de l'Union africaine (UA), à Addis-Abeba, a déclaré que les efforts consentis pour arrêter la violence en cours et trouver une issue politique à la crise doivent permettre d'identifier et de prendre en charge les mesures immédiates à mettre en oeuvre pour faire cesser les assassinats.
"La solution ne se trouve pas seulement dans le partage du pouvoir… s'il faut suivre le processus démocratique jusqu'à terme et si la fin doit être le partage du gâteau, alors nous n'aurons jamais la paix, car il y aura toujours des parties mécontentes et non satisfaites", a déclaré le président Kibaki, citant une déclaration du président sortant de la Commission de l'union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré.
Il a insisté sur le fait qu'il n'y aura pas de solution miracle à la crise tant que les problèmes sous-jacents n'auront pas été résolus, insistant sur le fait que la solution pourrait être trouvée dans le cadre des efforts de médiation en cours menés par le président du Panel des éminentes personnalités, Kofi Annan.
Il a indiqué que le gouvernement a initié un processus visant la mise en place d'une Commission "Vérité et Réconciliation" chargée de traiter les questions en suspens et de contribuer à l'identification d'une partie des solutions.
"L'incitation à une campagne de troubles civils et le recours à la violence sont inacceptables et doivent être condamnés, car ils ne sauraient se substituer aux mécanismes constitutionnels et juridiques établis pour trancher les conflits électoraux", a-t-il encore mentionné.
Auparavant, l'Autorité intergouvernementale sur le Développement (IGAD) avait convenu d'un sommet d'urgence au Kenya vendredi, pour discuter de la violence politique qui ravage le pays, et accepté de dépêcher une délégation ministérielle la semaine prochaine dans le Kenya en crise.
Le président Kibaki a présidé les pourparlers et remercié les dirigeants de l'organisme intergouvernemental, composé de six membres, d'avoir entériné sa réélection controversée, qu'il estime avoir été pacifique jusqu'à l'annonce des résultats.
A ce sujet, le président Kibaki a relevé que les controverses autour des élections n'étaient pas une particularité kenyane, expliquant que les recours électoraux n'étaient pas un phénomène véritablement nouveau au Kenya.
"Les controverses consécutives aux élections sont une réalité dans toutes les démocraties et d'un point de vue historique, les élections très disputées échappent rarement aux allégations d'irrégularités, même dans les démocraties avancées et bien établies", a-t-il affirmé devant les chefs d'Etat africains, notamment Yoweri Museveni d'Ouganda.
A l'occasion d'une réunion précédente convoquée au début de la semaine, le Conseil des ministres de l'Autorité intergouvernementale de Développement (IGAD) avait demandé au Mouvement démocratique orange (ODM), qui dénonce les conditions de la réélection de Kibaki, de saisir en urgence les tribunaux de l'un des pays membres de l'IGAD, pour une solution rapide à la crise liée aux résultats de l'élection.
"Nous condamnons la violence et prenons note du fait que le Kenya était le joyau de la région", a indiqué le Conseil des ministres, présidé par le ministre kenyan des Affaires étrangères, Moses Wetangula.
Les ministres ont fait valoir que les conflits autour des élections devraient être pris en charge et réglés dans le cadre des mécanismes constitutionnels et juridiques existants dans chacun des Etats membres de l'IGAD.
Le groupe de l'IGAD est constitué du Kenya, de Djibouti, de l'Ethiopie, de l'Ouganda, de la Tanzanie, de la Somalie et de l'Erythrée, qui s'est retirée de l'organisme en raison de ses contradictions avec l'Ethiopie.
La crise kenyane a été au centre des débats de l'Union africaine (UA), ouverts jeudi à Addis-Abeba, le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, ayant notamment demandé aux chefs d'Etat africains de prendre des mesures énergiques pour mettre un terme au "génocide" au Kenya.
Il avait ensuite indiqué que le Kenya était autrefois un pays accueillant et pacifique et qu'il fallait regretter qu'aujourd'hui, il y ait des combats dans les rues, car il est maintenant question de nettoyage ethnique, de génocide, estimant qu'il fallait mettre un terme à tout cela.
Le président Kibaki a minimisé l'ampleur de la violence au Kenya, affirmant aux dirigeants que la situation était sous contrôle et que le gouvernement s'est embarqué dans un processus de dialogue national et de réinstallation des victimes de la violence politique.
"Je vous suis reconnaissant d'avoir reçu les envoyés spéciaux que j'avais dépêchés pour vous transmettre des messages, suite aux regrettables incidents qui avaient éclaté au Kenya à l'issue des élections générales du mois de décembre", a encore expliqué le président Kibaki, s'adressant aux dirigeants africains.
Par ailleurs, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Seyoum Mesfin, qui a pris part à la réunion, a ensuite déclaré que les dirigeants avaient convenu d'envoyer d'urgence une mission ministérielle de l'IGAD au Kenya la semaine prochaine.
Le président Kibaki a accusé les dirigeants de l'ODM d'avoir incité aux troubles politiques qui sont à l'origine des 800 décès et du déplacement de 250.
000 Kenyans environ.
"Malheureusement, si les résultats reflètent la volonté de la majorité

01 février 2008 19:46:00




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