Khartoum opposé à la présence des facilitateurs internationaux

N'Djamena- Tchad (PANA) -- La délégation officielle soudanaise aux pourparlers de paix sur le Darfour à N'Djamena a boycotté mardi la cérémonie d'ouverture des négociations pour marquer son opposition à la présence des facilitateurs internationaux, a-t-on appris mercredi de source officielle tchadienne.
"Ce qui s'est passé hier (mardi) n'est pas une surprise, ce qui importe c'est que le processus de négociation ait démarré", a indiqué Ahmed Alam-mi, conseiller aux Relations internationales du président tchadien, Idriss Déby.
Le Soudan fait savoir, selon M.
Alam-mi, que les arrangements pris les médiateurs tchadiens ne lui conviennent pas.
Le gouvernement soudanais estimait pouvoir se retrouver en face des rebelles uniquement sous la médiation tchadienne appuyée par celle de l'Union africaine.
Le conseiller aux Relations internationales du président Déby a affirmé qu'il y a eu une "espèce de modus vivendi" pour que les belligérants, les médiateurs tchadiens et les facilitateurs internationaux se retrouvent à N'Djamena.
Le président El-Béchir du Soudan lui-même était en contact continu avec son homologue tchadien, et au courant de tout le dispositif, a ajouté M.
Alam-mi.
Khartoum veut juste confiner les autres médiateurs et facilitateurs internationaux à un rôle de facilitation pour un cessez-le-feu et les tenir à l'écart des discussions sur les sujets de fond tels le partage du pouvoir, l'autonomie de la région du Darfour, le partage des ressources, la question des réfugiés etc.
, indiquent les médiateurs tchadiens.
Pour ces derniers, qui estiment que la présence des facilitateurs internationaux est, au-delà du sujet, un gage de sécurité pour les rebelles, "les officiels soudanais ne veulent pas en fait être tout simplement face-à-face avec les rebelles" "Celui qui claque la porte est responsable d'un éventuel échec", avertit le conseiller du président Déby, estimant "s'il y a bonne volonté des différentes parties, on peut arriver à un document d'accord conduisant dans un premier temps à un cessez-le-feu, sur la base des accords d'Abéché", de septembre 2003.
Selon les observateurs, les négociations séparées, précédées ce mercredi matin par des concertations, et en cours cet après-midi permettront de vérifier cette bonne volonté des parties en conflit.

31 mars 2004 17:54:00




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