Khartoum menace de mener une guerre contre les Djandjaweeds

Khartoum- Soudan (PANA) -- Trois jours après que le gouvernement du Soudan a demandé à tous les groupes déclarés illégaux dans le Darfour de désarmer, les autorités de Khartoum ont promis de démanteler les célèbres milices Djandjanweeds accusées de commettre des atrocités dans le Darfour.
Les Djandjaweeds ont été également accusés de pratiquer un nettoyage ethnique et un génocide dans la région du Darfour ravagée par la guerre où deux mouvements rebelles - le Mouvement pour la libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la justice et l'équité (JEM) - se sont révoltés contre le gouvernement en février 2003 pour dénoncer la marginalisation de cette région ouest du pays.
Khartoum a donné aux milices cinq jours, à compter de mardi, pour désarmer et se rendre, les menaçant d'une "guerre implacable" qui sera lancée contre le groupe si ce dernier continue ses pratiques inhumaines.
Les autorités se sont informées sur place afin d'attaquer les milices si elles ne désarment pas en cinq jours, a prévenu le ministre délégué aux Affaires intérieures Ahmed Mohammed Harun, suite à une visite à Nyala, chef lieu du Darfour.
Cette décision fait suite à une visite de 24 heures du vice président Ali Osman Mohammed Taha au Darfour, pour discuter avec les autorités locales des voies et moyens de parvenir à un règlement politique global.
Le décret contre les Djandjaweeds, une milice que de nombreuses organisations régionales et internationales lient à Khartoum, coïncide aussi avec une déclaration politique du président Omar Hassan el-Bashir ordonnant aux institutions étatiques, de mener une guerre énergique contre les milices "Djandjaweeds, Tora Bora et Bashmarga".
Les habitants du Darfour désignent les milices Djandjaweeds par "Bashmaraga" en comparaison avec les milices kurdes tristement célèbres du même nom en Irak.
Ils appellent aussi les forces rebelles du SLM et JEM "Tora Bora" à causes de leurs caractéristiques géographiques similaires à ceux des Talibans afghans et à Tora Bora de Osama Ben Laden.
Cette décision hostile aux rebelles armés, coïncide avec l'augmentation de la pression internationale sur Khartoum pour désarmer et contrôler les Djandjaweeds, accusés de violations des droits de l'homme dans le Darfour.

23 juin 2004 11:50:00




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