Kenya: Pression des dirigeants africains pour mettre fin à la crise

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les chefs d'Etat africains ont fait monter la pression d'un cran pour ouvrir la voie à un règlement urgent de la crise post-électorale au Kenya, appelant à l'ouverture de poursuites judiciaires contre toutes les personnes impliquées dans les assassinats, qualifiés d'opérations de "nettoyage ethnique" et d'"actes de génocide".
Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a également annoncé son intention de se rendre au Kenya afin de tenter de trouver une solution immédiate à la crise et, en partie, pour apporter un appui moral aux efforts de médiation pilotés par son prédécesseur, Kofi Annan, qui est à la tête de l'équipe des médiateurs de l'UA.
Les dirigeants africains présents à la 10ème session de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine se sont penchés sur la crise, lançant des appels à la cessation immédiate des violences post-électorales.
Ban Ki-moon a, en outre, mis en garde contre la violence qui continue de connaître une escalade et qui atteint même "des niveaux catastrophiques".
Le patron de l'ONU, qui s'exprimait ainsi au cours de la séance d'ouverture du sommet, a demandé aux dirigeants africains de faire pression sur le président Mwai Kibaki et le leader du Mouvement démocratique Orange (ODM), Raila Odinga, pour qu'ils "ne ménagent aucun effort afin de trouver une solution pacifique à la crise post-électorale".
Dès l'ouverture du sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement du continent ont donné la priorité à la crise post-électorale qui déchire le Kenya, le président de la Commission de l'UA appelant à la prise de mesures urgentes pour mettre un terme à ce qu'il a qualifié de "nettoyage ethnique et de discours de génocide" au Kenya, une situation que le sommet ne peut tout simplement pas passer sous silence, a-t-il encore indiqué.
L'ancien chef de l'Etat du Mali a ensuite fait valoir que les situations de crise en Afrique sont aujourd'hui un point brûlant de notre ordre du jour, en particulier le problème du Kenya.
Chose étrange, le Kenya a toujours été un pays accueillant, hospitalier et qui parle à nos frères en Afrique pour instaurer la paix.
S'adressant aux chefs d'Etat africains, le président sortant de la Commission africaine a encore indiqué que le Kenya a été l'un des espoirs de l'Afrique, mais le problème aujourd'hui touche à un nettoyage ethnique, il est aussi question de génocide.
Alpha Oumar Konaré a ajouté que l'Afrique ne pouvait rester les bras croisés, car elle a le devoir de soutenir les Eminentes personnalités africaines pour aider l'équipe dirigée par Kofi Annan à réussir.
La question de la crise post-électorale du Kenya avait été, dans un premier temps, exclue de l'ordre du jour du sommet, jusqu'à ce que le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio insiste, au cours d'une rencontre du Comité des ministres des Affaires étrangères, pour que le sujet soit soumis au sommet, ce qui a entraîné son insertion immédiate dans le rapport du président de l'UA au sommet.
Dans un entretien accordé à la PANA, le chef de la diplomatie sénégalaise a indiqué que le continent ne pouvait faire comme si rien ne se passait au Kenya, alors que les maisons étaient brûlées et que les assassinats se poursuivaient.
Pour sa part, Ban Ki-moon a fait valoir qu'il fallait mettre un terme aux assassinats et il a interpellé les dirigeants leur demandant de faire cesser ces tueries par le dialogue et l'implication des Kenyans dans la recherché d'une solution durable.
Il a relevé que le président Kibaki et Raila Odinga avaient la responsabilité de ne ménager aucun effort pour trouver une solution pacifique à la crise.
"Le panel des Eminentes personnalités, placé sous l'autorité de l'ancien Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, travaille sans relâche à aider les Kenyans à trouver une solution aux questions qui les divisent et qui ont provoqué l'éclatement de la violence et du bain de sang.
Je soutiens pleinement les efforts de Kofi Annan, il mérite notre appui à nous tous", a encore expliqué Ban Ki-moon, s'adressant aux dirigeants africains.
Le président Kibaki était présent, accompagné par une forte délégation kenyane.
Le président de l'UA, dont le mandat est arrivé à expiration et qui devait quitter ses fonctions jeudi, a affirmé que la crise au Kenya nécessitait une solution africaine urgente et a mis en garde contre le risque de voir le Kenya brûler, estimant que ce serait une perte considérable pour le continent.
Le président Konaré a encore expliqué que le Kenya interpellait l'Afrique pour qu'une solution urgente soit trouvée.
Si le Kenya brûlait, rien ne serait épargné.
Le Kenya s'ajoute à la liste des crises en Afrique.
S'exprimant au cours de la séance d'ouverture du Conseil exécutif de l'Union, qui regroupe le Conseil exécutif de l'Union, Konaré a expliqué que le partage du pouvoir au Kenya n'est pas une solution immédiate à la violence en cours.
Il a ensuite relevé que seule la rationalisation des institutions pouvait permettre de régler le problème.
M.
Konaré a mentionné que la crise au Kenya est le résultat d'une perversion du processus démocratique, une situation qui ne pourra être rectifiée que par la mise en oeuvre de réformes de grande envergure, en consultation avec la Société civile et tous les groupes d'intérêt.
Les dirigeants africains ont été saisis de la crise post-électorale.
Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a fait part de sa conviction que la solution à la crise post-électorale est à portée de main.
Meles Zenawi, qui a présidé les discussions sur le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), a déclaré que la crise, qui a donné lieu à la situation actuelle, a été examinée et le gouvernement avait été mis en garde contre la crise potentielle.
"Le Kenya a fait l'objet d'une évaluation et les problèmes ont été identifiés.
Des conseils leur (les Kenyans) ont été donné", a encore expliqué Meles Zenawi.
Le rapport du MAEP sur le Kenya a été examiné mercredi, au cours d'une séance à huis-clos, en présence du président sud-africain, Thabo Mbeki et du chef de l'Etat ougandais, Yoweri Museveni.
Le président de l'UA, John Kufuor, avait appelé jeudi à une action urgente pour arrêter la violence en cours au Kenya et plaidé pour l'ouverture de sérieuses négociations.
Kufuor a informé la session des avancées faites en ce qui concerne les pourparlers dirigés par Kofi Annan, avancées qui ont permis la mise en place, cette semaine, d'équipes de négociateurs pour lancer la recherche d'une solution immédiate au conflit.
"Le panel a réussi à réunir les deux équipes autour de la table de négociations.
J'ai demandé à la Conférence de soutenir et d'aider à la mise en oeuvre de solutions à court et long termes", a encore noté le président Kufuor.
Il a fait savoir aux dirigeants africains que ses efforts de médiation au Kenya avaient donné lieu, pour ce qui concerne les négociations, à des accords sur les principes à respecter, une démarche qui a permis l'ouverture des pourparlers actuels.

01 février 2008 17:23:00




xhtml CSS