Kenya : Les observateurs de l'UA portent un jugement mitigé sur l'élection présidentielle

Nairobi, Kenya (PANA) - L'Union africaine (UA) n'est pas en mesure de déterminer si l'élection présidentielle kényane est crédible, mais elle a été organisée conformément à la loi, a déclaré mardi à Nairobi, Thabo Mbeki, le chef de la mission d'observation de l'Union africaine.

"Nous n'avons pas dit que tout s'est bien passé. Nous n'avons relaté que ce que nous avons observé", a déclaré M. Mbeki lors de la présentation du rapport préliminaire de l'UA sur la nouvelle élection présidentielle kényane.

Le président Uhuru Kenyatta a été déclaré vainqueur de cette élection, lundi, avec 98,26% des voix, soit 7,4 millions sur les 7,6 millions de voix du vote du jeudi 26 octobre 2017.

La coalition de l'opposition de la National Super Alliance (NASA) a boycotté ce scrutin, en justifiant cette décision par le refus de la Commission d'accéder à sa requête pour plus de transparence dans le processus électoral.

La mission d'observation de l'UA a déclaré que des actes de violence ont empêché la tenue des élections dans quatre comptés, ceux de Siaya, Homa Bay, Migori et Kisumu.

Le président de la Commission électorale indépendante et des frontières (IEBC), Wafula Chebukati, a annoncé le report des élections dans ces comtés avant d'annoncer le vainqueur  lundi.

Les observateurs ont estimé que la transmission des résultats a également été effectuée dans le cadre des lois et règlements régissant les élections.

M. Mbeki a indiqué que toutes les parties lésées par cette annonce allaient, une fois de plus, contester les élections en justice.

La mission d'observation de l'UA n'a pu porter aucun jugement sur la légitimité du président Uhuru Kenyatta, dont l'élection dans le cadre d'un processus largement ignoré par une majorité de 12 millions d'électeurs, continue à faire débat.

"Nous avons rapporté ce que nous avons observé", a déclaré M. Mbeki. "Il y a matière à porter un jugement politique. Dans notre cas, c'est l'Union africaine qui se prononcera sur la légitimité ou toute autre question. Nous ne faisons que rapporter ce que nous avons constaté.

Les observateurs se sont rendus dans 71 circonscriptions pour observer le vote et au siège de l'IEBC pour vérifier la transmission des résultats électoraux.

M. Mbeki a indiqué ne pas être en position de commenter les exigences de la NASA, qui a insisté sur des réformes minimum irréductibles, dont l'autorisation á son équipe d'accéder aux données brutes avant l'annonce des résultats.

"C'est leur droit de dire ce qui devrait contribuer à la bonne tenue du scrutin. Nous avons pris note du fait que ce point a été respecté", a ajouté M. Mbeki.

L'UA a annoncé qu'elle évaluerait la crédibilité de tout le processus électoral dans le cadre de la participation inclusive de tous les citoyens.

"La Charte de l'UA sur la démocratie, la bonne gouvernance et la participation politique est contre l'exclusion politique de quiconque", a soutenu M. Mbeki.

"Sur la base de cette Charte, nous allons évaluer ce qui s'est passé dans ce contexte précis, celui de l'inclusion", a-t-il ajouté.

Les organisations de la société civile kényane ont rejeté les élections et l'annonce des résultats, en indiquant que le président Uhuru Kenyatta ne devrait pas affirmer que le vote était crédible quand une majorité d'électeurs n'y a pas participé.

"Une crise de leadership se prépare. Nous rejetons les appels à une autre élection dans 90 jours. M. Kenyatta n'a pas une légitimité claire et nous ne savons quel effet aura le boycott économique sur la présidence", a déclaré la coalition de la société civile, "We the People".
-0- PANA AO/VAO/FJG/IS/SOC 31oct2017

31 octobre 2017 17:00:31




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