Kenya : Les "riches" et les prostituées victimes de l'insécurité

Nairobi- Kenya (PANA) -- Une forte augmentation de la criminalité a poussé plusieurs propriétaires de résidences cossues à Nairobi, la capitale du Kenya, de quitter leurs habitations, ces deux derniers mois, pour échappe à la mort, rapporte samedi la presse locale.
Les habitants de Nairobi, toutes couches sociales confondues, sont aujourd'hui confrontés à la montée grandissante de la criminalité essentiellement marquée par le viol en série et les attaques à main armée où les snipers n'hésitent pas à tuer ou à amputer leurs victimes sans remords.
Bien que la Police kenyane, de plus en plus vigilante et mieux armée, ait réussi à contrôler la petite délinquance et les cambrioleurs de haut vol, la récente vague de meurtres donne des frissons aux résidents de la banlieue de Nairobi.
La dernière victime de cette vague de crime, Livingston Seketo ole Naimasia, assassinée à Ngong Area, un quartier de Nairobi par des personnes non-identifiées, a été enterrée vendredi dans la capitale kenyane.
Pour freiner cette escalade des crimes à Nairobi, le gouvernement kenyan a ordonné à tous les anciens soldats de l'armée de s'inscrire auprès de la Police pour une identification plus facile et une surveillance accrue des activités criminelles.
Deux jours auparavant, une patrouille de la Police est tombée sur une cache de 572 balles à un arrêt de bus suspecté d'être un point de transit des armes en provenance de la Somalie voisine.
Au cours des trois derniers mois, trois meurtres hautement médiatisés et plusieurs enlèvements et viols ont eu lieu à Ndong Area, autrefois considéré comme un havre de paix pour la classe moyenne et la haute bourgeoisie qui travaillent pour les organisations internationales et les agences onusiennes.
Julius Wanyonyi, professeur à l'Ecole polytechnique du Kenya, a été tué devant sa porte tandis qu'Elijah Sempeta, un activiste des droits de l'Homme et avocat, fait partie des personnes assassinées dans le quartier durant ces deux derniers mois.
Dans le township voisin de Kikuyu situé à environ 40 km à l'Ouest de Nairobi, l'on a assisté à une série d'étranges activités dont l'agression à coups de couteau d'environ huit personnes lors d'une opération menée à l'aube par des hommes non-identifiés.
Les habitants du quartier de Kikuyu ont également signalé d'autres meurtres et agressions de la part d'un criminel qui parcourt les rues en frappant quiconque se trouvant sur son chemin.
Parmi ses victimes, figure un couple qui a été récemment blessé après avoir été frappé aux mains et à la tête lors d'une promenade nocturne.
Par ailleurs, les travailleuses du sexe des bidonvilles de Majengo ont récemment organisé une manifestation contre la négligence de la Police suite à une série de meurtres étranges dans le quartier des prostituées.
La Police a annoncé, vendredi, qu'elle détenait un suspect du nom d'Amos Mburu, qui serait derrière les meurtres bizarres de travailleuses du sexe.
Mburu a été arrêté en sortant d'une maison où le corps d'une femme a été plus tard retrouvé.
En début de semaine, une femme a échappé de justesse à la strangulation après avoir subi un calvaire sexuel dans ce quartier.
A titre de précaution, la Police a recommandé aux travailleuses du sexe d'informer leurs camarades à chaque fois qu'elles attendent un client.

17 avril 2005 16:02:00




xhtml CSS