Kadhafi reçoit le secrétaire général de la Ligue arabe

Tripoli- Libye (PANA) -- Le guide de la révolution libyenne, le Colonel Mouammar Kadhafi, s'est entretenu samedi en fin de matinée avec le secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes, l'égyptien Amr Moussa.
L'entretien a permis de passer en revue la demande officielle formulée par la Libye jeudi dernier en vue de se retirer de la Ligue arabe.
M.
Moussa, indique-t-on de source officielle à Tripoli, a exprimé sa profonde préoccupation suite à cette décision, surtout en ce moment critique que traverse le monde arabe, marqué par une faiblesse notoire.
M.
Moussa a réaffirmé, selon la même source, que la présence de la Libye au sein de la Ligue arabe constituerait un catalyseur pour pousser les Etats arabes à adopter des décisions concrètes et positives pour faire face à cette phase critique qui nécessite le rejet des sentiments pour confronter courageusement la réalité.
L'audience s'est déroulée en présence du secrétaire du comité populaire général libyen de l'unité africaine, Dr.
Ali Triki, avec qui il a eu un long entretien sur cette affaire qui a suscité beaucoup de commentaires dans la rue libyenne.
On apprend à la PANA que l'entretien du Dr.
Triki avec M.
Moussa a également porté sur les développements dans la région arabe, notamment la guerre d'extermination livrée contre le peuple palestinien par les forces d'occupation israéliennes, ainsi que les menaces de frappe contre le peuple irakien.
Les deux hommes ont également discuté des possibilités d'une attitude arabe unifiée à l'égard de la décision du congrès américain, à propos de la ville sainte d'Al-Qods (Jérusalem).
M.
Moussa a reconnu dans une déclaration à son arrivée à Tripoli, que le monde arabe traversait une phase critique de vie ou de mort, qui nécessite l'effort et la réflexion de tous les Arabes.
Il a tenu à affirmer que les Arabes ne sont pas faibles au point de devoir se disloquer irrémédiablement.
Au contraire, a-t-il dit, "nous devons percevoir et prendre des attitudes fermes pour résister à la farouche campagne entreprise contre le monde arabe".
M.
Moussa a, d'autre part, réaffirmé que le maintien de la Libye au sein de la Ligue arabe revêt une grande importance pour tous les Arabes, y compris la Libye elle-même.
Il a réitéré à cet effet, l'importance du rôle du Colonel Mouammar Kadhafi dans la marche de la Nation arabe, estimant que la Ligue arabe, en présence de la Libye, pourrait rétablir l'action arabe commune.
"J'espère que le message de la Libye a été saisi, a-t-il martelé.
Il a exprimé le souhait de voir la Libye dans la maison arabe et le peuple libyen aux côtés de ses frères arabes, face aux dangers que court actuellement le monde arabe.
Notons que le ministre soudanais des Affaires étrangères Mustapha Othman Ismaël est également arrivé samedi, en début d'après midi, dans la capitale libyenne, pour discuter avec les responsables libyens de la décision de Tripoli de se retirer officiellement de la Ligue arabe.
On rappelle que le président soudanais Omar Hassan Al-Bachir a, lors d'un entretien téléphonique vendredi dernier, informé le guide de la révolution libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi, de ses vives préoccupations suite à sa décision libyenne de retrait.
Il l'a également informé que le ministre des Affaires étrangères du Soudan se rendrait sous peu en Jamahirya libyenne pour des concertations sur cette affaire.
Le ministre Qatari des Affaires étrangères Cheikh Hamad Ben Jessen Al-Thani est également attendu samedi soir à Tripoli pour les mêmes raisons.
On rappelle que la Libye a informé officiellement jeudi la Ligue arabe de son intention de se retirer de cette organisation.
Tripoli avait menacé dans le passé de se retirer de la Ligue arabe, en signe de protestation contre l'impuissance de cette organisation à trouver un règlement à la question palestinienne et à la division dans les rangs Arabes.
Le 2 mars dernier, à l'occasion d'un discours auquel avait été convié à Syrte la presse locale et internationale, le colonel Mouammar Kadhafi avait demandé aux Congrès populaires libyens (la plus haute autorité du pays) d'étudier l'éventualité d'un retrait de la Libye de la Ligue arabe.
Le décision libyenne, a-t-on constaté à Tripoli, semble cette fois encore plus avancée.
En effet, les Libyens qui ont vécu pendant les années 90 une dure expérience, lorsque les pays Arabes les ont laissés à leur sort face à l'embargo décrété contre leur pays dans le cadre de l'affaire Lockerbie, ont trouvé "logique" un retrait de leur pays d'une organisation arabe inefficace sur les dossiers majeurs du monde arabe et, en particulier, le dossier palestinien.
"Il s'agit d'un retrait d'une organisation presque morte, qui n'a pas pu suivre les mutations à travers le monde", a déclaré à la PANA Mohamed Omrane, un étudiant de 23 ans.
Pour Salah Khamis, un fonctionnaire d'une banque à Tripoli (35 ans), le retrait de la Ligue arabe ne veut en aucun cas dire la perte de l'identité arabe.
"Nous sommes arabes et nous le demeurons pour toujours.
", a-t-il ajouté.
Abderrazzak Founès, un commerçant de prêt-à-porter à Tripoli, estime que la demande libyenne est intervenue au bon moment, pour inciter les autres Arabes à bouger et à faire le ménage dans leur maison, "la Ligue arabe", en vue de se donner les moyens politiques, diplomatiques voire militaires de défendre la sécurité nationale des Arabes.

26 octobre 2002 18:41:00




xhtml CSS