Kadhafi pour une position unifiée de la CEN-SAD à l'UA

Sabratha- Libye (PANA) -- Le guide Mouammar Kadhafi a exprimé l'espoir de voir les pays de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) prendre une position sérieuse sur la crise entre le Tcahd et le Soudan devant le 11ème sommet de l'organisation qui s'est ouvert vendredi Sabrata, à 60 km à l'ouest de Tripoli.
Le leader libyen a marqué son étonnement que des organisations régionales africaines, telles la CEN-SAD et même l'Union africaine (UA), ne réagissent pas face à des situations explosives et des conflits entre pays, comme dans la région des Grands lacs.
Mouammar Kadhafi, également président en exercice de l'UA, a cité l'exemlple du président érythréen, Assias Afeworki, qui, selon lui, boycotte les réunions de la CEN-SAD, de l'UA et de l'Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD) en signe de protestation contre "l'attitude de spectateur" de ces organisations régionales et continentales devant le conflit qui oppose son pays à l'Ethiopie.
Il s'est engagé à traiter cette question dans le cadre de l'UA, invitant les pays de la CEN-SAD à l'adoption d'une position contre tout ce qui est de nature à détruire la sécurité et la stabilité dans certaines régions africaines et à influer négativement sur les efforts de développement et de lutte contre la pauvreté et les maladies.
Selon lui, un gouvernement fédéral ne pourra pas oeuvrer à la réalisation du développement du continent si les conflits, les guerres et confrontations entres africains persistent.
Le leader Kadhafi a évoqué plusieurs problèmes graves survenus dans trois pays membres de la CEN-SAD, notamment l'assassinat du président de la Guinée-Bissau et la prise du pouvoir par l'armée en Guinée Conakry et en Mauritanie.
Il a indiqué qu'en sa qualité de président en exercice de l'UA, il œuvrait pour mettre fin à de tels problèmes.
Le guide Mouammar Kadhafi a évoqué la question de l'absence et la non participation de certains Chefs d'Etat aux sommets africains et aux réunions au niveau des rassemblements régionaux.
Il a estimé que le fait de ne pas informer à temps le pays hôte ou les secrétariats des communautés ou de la Commission reflètait une image négative sur ces rencontres et pourrait priver ces pays des programmes des institutions économiques et financières régionales ou fédérales adoptés lors de tels sommets.
Il a, dans ce sens, cité à titre d'exemple la proposition d'augmentation du capital de la Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce (BSIC) et l'ouverture de nouvelles succursales de cette institution financière et la possibilité de priver les pays non représentés au niveau du sommet de tels avantages.
Le leader libyen a cité aussi la proposition de création de la Banque rurale dans l'espace de la CEN-SAD qui est expérimentée dans environ 100 pays y compris la Libye.
Selon lui, cette banque diffère des autres, car elle cible les franges pauvres des sociétés et leur accorde de petits crédits aisés en vue d'accroitre la production et d'améliorer les conditions de vie de ces populations dans le cadre de la politique de l'éradication de la pauvreté et de la réalisation du développement à travers le soutien des petites industries, des petits projets agricoles et de l'industrie artisanale.
Il a indiqué que les pays absents au niveau des sommets pourraient ne pas bénéficier des avantages d'une telle banque.
Il a évoqué aussi la situation en Somalie qu'il a qualifiée de "drame", soulignant que ce pays est membre de l'UA et de la CEN-SAD, qui n'ont rien fait à l'endroit de ce pays.
Il a, à ce propos, dénoncé les interventions étrangères dans ce pays qui ont aggravé la situation; Il a promis, au nom de l'Union Africaine, de soumettre le problème de la piraterie aux Nations Unies.
Selon lui, ce phénomène est le résultat des opérations d'exploitation illégale des richesses dans les eaux économiques de la Somalie.
Certains pays ont exploité la situation de crise en Somalie et violé ses eaux économiques pour piller ses richesses énormes en poisson, a accusé le leader libyen, ce qui aurait poussé les pauvres qui vivent de la pêche maritime à se révolter et à défendre leur richesse à travers la prise des navires hostiles en otage.
Il a appelé au dialogue avec les autorités de la Somalie ou avec lesdits pirates pour parvenir à une entente en ce qui concerne le respect des eaux de la Zone économique exclusive (ZEE) de la Somalie qui s'étendent à 200 miles à partir des eaux intérieures du pays, selon la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
Il a mis, à ce propos, en garde contre l'extension du phénomène de la piraterie en Somalie à d'autres mers et océans à cause du non respect des eaux des zones économiques exclusives des pays côtiers et invité le monde à prendre conscience de ces réalités.
Le leader libyen a souligné son étonnement devant le silence observé par l'UA et les organisations régionales face à la non tenue d'un sommet spécial consacré au problème de la Somalie et à l'opportunité créée devant les pays étrangers pour envoyer leurs forces dans cette région comme ce fût le cas au Darfour, dans la région des Grands Lacs et lors de la crise continue entre l'Ethiopie et l'Erythrée et affirmé que cette situation pourrait conduire une autre fois à la mise de l'Afrique sous tutelle étrangère vue qu'elle est incapable de résoudre ses problèmes par elle-même.
Il s'est, à ce propos, demandé, comment pourrait-on rester les bras croisés à l'endroit du problème entre le Tchad et le Soudan et ne pas intervenir même par la force pour imposer la paix et la stabilité entre ces deux pays membres de la CEN-SAD.
Il a, d'un autre côté, souligné la nécessité pour la Communauté CEN-SAD d'adopter une position unifiée en ce qui concerne l'ordre du jour du prochain sommet de l'UA, notamment en ce qui concerne le point relatif à la transformation de la Commission en une autorité fédérale.
Le leader Kadhafi a, à ce sujet, appelé à la nécessité de clarifier les choses et de ne pas prendre les populations africaines pour dupes, affirmant que toute autorité fédérale ou gouvernement fédéral n'aura aucune signification tant que le conseil exécutif de l'UA, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) et le conseil africain pour la paix et la sécurité (CPS) continuent à exister en dehors de cette autorité et tant que le président de l'autorité et le président de l'UA ne disposent pas de compétences.
Il a souligné que le Conseil de paix et de sécurité, à titre d'exemple, se réunit et décide sans revenir ni à la commission ni au président de l'UA ni au sommet et que le Conseil exécutif composé des ministres des affaires étrangères s'occupe des affaires sociales, de la femme et de l'enfant aussi bien que des mines et des richesses maritimes et autres secteurs qui ne sont pas de ses compétences.
Il a invité le Conseil exécutif à s'occuper de la politique étrangère africaine dans le cadre de l'autorité fédérale proposée, le NEPAD à devenir un ministère fédéral pour la coopération internationale et le commerce extérieur et le Conseil de paix et de sécurité à former un ministère de l'intérieur en plus de l'existence d'un conseil africain pour la défense qui devraient tous faire partie de la future autorité de l'union.
Le guide Mouammar Kadhafi a mis également l'accent sur la nécessité de traiter ce dossier avec tout le sérieux et exhorté les membres de la CEN-SAD qui constituent la majorité au sein de l'UA à agir avec efficience si jamais les autres s'en désintéressaient.
Il les a également invités à agir en vue de la constitution d'un gouvernement fédéral dans cet espace et la construction d'une armée unique dans le cadre d'une institution fédérale à laquelle les autres pourraient adhérer quand ils le jugaient nécessaire.
Il a conclu en affirmant la nécessité de créer une agence pour la protection des eaux économiques de l'UA à l'instar de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (FRONTEX), en vue d'arrêter le pillage des richesses des pays africains, soulignant que les aides avancées par les donateurs à l'Afrique constituent en réalité une infime partie des richesses pillées dans les eaux économiques africaines.

30 mai 2009 13:52:00




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