Kadhafi expose les conclusions d'un rapport d'évaluation de l'UA

Tripoli- Libye (PANA) -- Un rapport du Groupe de haut niveau mis sur pied par le président de l'Union africaine (UA) pour évaluer les performances de l'organisation a mis à jour des contradictions dans l'Acte constitutif de l'institution qui n'a prévu aucune disposition de nature à accélérer l'union du continent, a estimé, mardi soir, le colonel Mouammar Kadhafi de Libye.
Dans un discours prononcé devant la presse internationale, à Tripoli, à la veille du sommet de l'Union africaine qui s'ouvre demain, jeudi, à Addis-Abeba, le leader libyen a révélé que le Groupe a recommandé la réforme et le renforcement des institutions de l'UA et reconnu l'inefficacité des sommets de l'institution.
Il a fustigé la durée de ces rencontres qui, a-t-il dit, se tiennent en seulement deux jours, dont le premier est consacré au cérémonial des retrouvailles et le deuxième aux préparatifs des départs des dirigeants, qui laissent ainsi les affaires à des fonctionnaires.
Le colonel Kadhafi a également indiqué que les conclusions du rapport préconisent que le Conseil exécutif soit composé de tous les secteurs et non pas seulement des ministères des Affaires étrangères, suggérant à ce propos que le prochain sommet d'Addis- Abeba mette en place, pour tenir compte de ces recommandations, un Conseil exécutif composé de tous les secteurs.
Le leader libyen a précisé également que les conclusions ont plaidé pour la révision des compétences et missions du comité des représentants qui comprend les ambassadeurs siégeant à Addis- Abeba et composé actuellement de personnes incompétentes.
Le rapport affirme, selon le guide Kadhafi, que les compétences des commissions techniques et de leurs méthodes de travail ne sont pas claires et qu'il a recommandé à ce propos, de les limiter et de compter sur le Conseil des ministres et non sur de telles commissions obscures.
Le leader libyen a, à ce sujet, appelé à la dissolution de ces commissions pour être remplacé par un Conseil ministériel.
Le colonel Kadhafi a précisé que les conclusions du rapport du Groupe ont révélé l'incompétence de la Commission de l'UA et l'existence d'une incompréhension de ses responsabilités et que ses rapports avec le Comité des représentants sont caractérisés par des tensions et la méfiance réciproque.
Il a indiqué que cela confirme la futilité de l'existence de la Commission de l'UA.
Selon le leader libyen, le Groupe a constaté le désintéressement des pays membres pour la ratification des décisions de l'UA, citant en exemple la Convention de non-agression et de défense commune qui n'a, à ce jour, été ratifiée que par le Sénégal, la Libye, le Congo, le Gabon, le Togo, le Niger et le Ghana alors que les amendements sur l'Acte constitutif décidé par le sommet pour mettre fin aux carences dont parle le rapport n'ont été ratifiés que par 18 pays sur 53.
Le leader libyen a indiqué que les conclusions du rapport ont noté l'établissement de partenariats avec l'Europe par des pays au niveau individuel et par des régions et critiqué les sommets qui se tiennent entre l'Afrique et un autre pays, trouvant "honteux" que 50 présidents africains se déplacent pour se réunir avec le Premier ministre japonais, à titre d'exemple.
Le rapport a, selon le leader libyen, dévoilé également le rôle insignifiant du Parlement panafricain et affirmé l'incapacité des régions de réaliser leurs objectifs du fait du chevauchement de leurs organes.
Il s'est félicité de ce que le rapport exclut de la liste de ces organisations fantômes la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) à laquelle il a rendu hommage, l'exhortant à poursuivre son action sur la nécessité de soutenir la Commission de l'UA dans la mobilisation des ressources et l'exécution des projets continentaux.
Le guide Kadhafi a affirmé aussi que le rapport a estimé que la multiplication des systèmes du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) a constitué un handicap qu'il convient de traiter et recommandé leur intégration totale dans l'UA, conformément à la décision du sommet de Maputo en 2003.
Malgré cela, des personnes profitent jusqu'à présent du NEPAD et ne veulent pas de son intégration au sein de l'UA, eu égard à des considérations d'intérêt personnel, de tempérament ou de complot, a-t-il dit.
Le rapport qui, selon le colonel Kadhafi, a recommandé la liberté de circulation, la création immédiate des institutions financières fédérales, à savoir la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain et la Banque africaine d'investissement, se désole pour le retard accusé dans la création de ces institutions qu'il considère comme primordiales et a demandé la nécessité de leur lancement dans un délai de 3 mois.

30 janvier 2008 16:43:00




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