Kadhafi déplore la persistance des conflits en Afrique

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le colonel Mouammar Kadhafi a vivement déploré, samedi, la persistance des foyers de tension, des conflits de toute nature et de la lutte acharnée pour le pouvoir dans plusieurs pays africains, illustrant son propos avec les cas du Tchad, du Kenya, de la Somalie et des Comores.
Dans un discours prononcé samedi à la séance de clôture du 10ème sommet ordinaire de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, le leader libyen a souligné que ces différentes situations montrent clairement que l'Afrique n'a pas fait l'économie des luttes fratricides pour le pouvoir, malgré son acceptation du modèle occidental du pluralisme et de la démocratie, pas plus que l'Union africaine ne peut, dans sa conception actuelle, gérer ces conflits.
Il a imputé ces carences à l'absence de mécanismes fédéraux tels qu'un ministre de la Défense dans le cadre d'un gouvernement fédéral capable d'intervenir pour mettre fin aux différents conflits.
"Nous avons accepté le pluralisme et la démocratie et le modèle que nous a imposé l'Occident.
Mais, nous devons nous poser des questions sur les raisons des rébellions contre des pouvoirs légitimes.
Ce que nous voyons ne signifie-t-il pas que tous les pouvoirs issus d'élections et du pluralisme sont en danger", s'est interrogé le dirigeant libyen.
Illustrant son propos avec les cas du Tchad, du Kenya, de la RD Congo, de la Sierra Leone ou du Liberia, le guide de la Révolution libyenne a affirmé que la question urgente, aujourd'hui, est celle de la mise en place de mécanismes fédéraux pour empêcher la dégradation de la situation dans le continent.
Pour lui, l'Union africaine est, dans sa structure actuelle et faute de mécanisme adéquat, incapable de régler des situations du genre de celles prévalant au Kenya ou au Tchad.
"Comment l'UA peut-elle intervenir sans un mécanisme d'intervention comme un ministère de la Défense? Comment aider les Comores dont le président a demandé le soutien de l'UA sans l'existence de mécanismes appropriés? Nous n'avons pas de mécanisme continental", a déploré le leader libyen, qui dit trouver "étrange" que des pays ayant abrité des sommets de l'UA n'en aient pas encore ratifié la Charte ni les protocoles d'amendement de l'Acte constitutif.
Sur ce point, le colonel Mouammar Kadhafi a exhorté le nouveau président de la Commission de l'UA, le Gabonais Jean Ping, à oeuvrer pour inciter les pays membres à ratifier les protocoles d'amendement de l'Acte constitutif de l'UA et la Charte africaine de non-agression et de défense commune et de toutes les autres dispositions, si possible avant avant le prochain sommet prévu en juillet 2008 en Egypte.
Il a invité les chefs d'Etat et de gouvernement africains à aider le nouveau président de la Commission de l'UA et fait part de sa joie de voir la femme africaine accéder à des postes de commandement.
Il a, en outre, plaidé pour la tenue régulière du sommet des Premières dames d'Afrique.

02 février 2008 18:51:00




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