Human Rights Watch prône la justice pour endiguer la violence dans le Soudan du Sud

New York, Etats-Unis (PANA) - Le Soudan du Sud devrait, de toute urgence, mener une enquête diligente et indépendante sur les violentes attaques inter-ethniques survenues dans l'Etat de Jonglei et arrêter et juger les personnes identifiées comme responsables, a affirmé Human Rights Watch dans un communiqué transmis à la PANA à New York.

"Pour endiguer ce terrible cycle de violence, leurs auteurs doivent rendre compte", a déclaré M. Daniel Bekele, directeur Afrique de HRW. "Au nom de la rapidité et de la crédibilité, le gouvernement devrait demander de l'aide aux instances des Nations unies et de l'Afrique", a-t-il ajouté.

Depuis début janvier 2012, le gouvernement a promis maintes fois de mener une enquête sur les attaques et de traduire leurs auteurs en justice, mais aucun progrès n'a apparemment été noté dans ce sens en termes d'arrestations.

De nouvelles attaques et contre-attaques ont eu lieu en janvier et en février et de nouvelles menaces sont attendues en mars.

HRW a déclaré que pour aider le Soudan du Sud à avancer dans les enquêtes, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pourrait nommer une commission d'enquête composée d'experts, dont des Soudanais du Sud et solliciter l'appui de l'Union africaine.

Selon les estimations des Nations unies, 8.000 hommes armés, en majorité en provenance des ethnies Lou Nuer dans le centre de l'Etat de Jonglei, avaient attaqué le 23 décembre 2011 des villages de l'ethnie Murle dans la partie orientale de l'Etat, en commençant par la ville de Likwongole.

Les assaillants avaient brûlé et pillé des maisons, tué et blessé des gens en utilisant des machettes, des bâtons, des couteaux et des pistolets, enlevé des femmes et des enfants; emporté des centaines de bovins et forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs maisons pour se cacher dans la brousse.

Le nombre de morts et l'impact total sur les communautés restent encore à déterminer. Les leaders Murle ont signalé que plus de 3.000 personnes ont été tuées alors que les observateurs des Nations unies n'ont pu confirmer qu'une fraction de ce chiffre et n'ont pas publié un bilan total des morts.

En début janvier, le président Salva Kiir avait promis "de tout mettre en œuvre pour que toutes les personnes impliquées soient identifiées et traduites en justice" et le porte-parole du gouvernement, le Dr Barnaba Marial, a déclaré que le gouvernement est sur le point de mettre en place une commission d'enquête pour arrêter les auteurs.

Cependant, HRW a déclaré qu'il n'a pas obtenu des informations attestant d'arrestations relatives au  conflit.

-0- PANA SEG/ASA/TBM/IBA  12fév2012

12 février 2012 16:41:27




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