Gouvernance en Afrique : Performances en hausse, mais signes d'essoufflement de 2012 à 2016 (Index Mo Ibrahim)

Dakar, Sénégal (PANA) – La Fondation Mo Ibrahim vient de rendre public son rapport 2017 portant sur l’Index Ibrahim de gouvernance africaine (Ibrahim Index of African Governance – IIAG) qui conclut à une progression, en moyenne, du continent africain en matière de gouvernance globale.

Le rapport indique que le bilan des dix dernières années (2007-2016) montre que le score moyen du continent a augmenté de  1,4 point, passant de 49,4 (sur 100) à 50,8, atteignant en 2016 le score le plus élevé depuis 2000, première année de l’IIAG, alors que sur les cinq dernières années (2012-2016), le rythme de progression a ralenti, avec une cadence annuelle moyenne de seulement  0,10 points, contre  0,16 pour toute la période décennale.

Cette tendance positive observée au cours de la dernière décennie en matière de gouvernance globale est due principalement à la progression de 40 pays du continent africain, tandis que 12 pays  ont vu leur situation se détériorer, et que seul le Malawi n’a connu aucun changement.

Cependant, parmi la grande majorité des pays africains  dont les performances sont en hausse, plusieurs montrent des signes  de ralentissement ou même d’inversion de la tendance positive, à l’instar de 34 pays qui sont en progression sur les cinq dernières années de la décennie, alors  que 20 ont commencé récemment à montrer des signes de régression.

C’est ainsi que sur les 40 pays en progression au cours des dix dernières années, 18 ont pris de la vitesse ces cinq dernières années, au cours desquelles la tendance moyenne annuelle a été supérieure à celle des dix dernières années. Seulement quatre parmi les dix pays en tête du classement en 2016 sont concernés par cette progression accélérée : les Seychelles (2ème), la Namibie (5ème), la Tunisie (7ème ) et le Sénégal (10ème ).

La situation de la Côte d’Ivoire reste plutôt édifiante : le pays enregistre l’évolution la plus impressionnante  de ce groupe, avec une tendance moyenne annuelle de  2,05  sur les cinq dernières années (contre une tendance moyenne annuelle de  1,40 sur la décennie), bien que toujours classé 20ème  en 2016, et partant d’un score très bas.

En revanche, treize pays ont progressé à une cadence plus lente au cours des cinq dernières années par rapport à leur évolution sur les dix dernières années. C’est le cas du Rwanda, pays africain ayant connu la quatrième plus forte progression sur la décennie avec une augmentation annuelle moyenne de  0,97 point, et qui a ralenti sur les cinq dernières années, ne progressant en moyenne que de  0,75 points par an.

De même, le Liberia, qui a connu la sixième plus forte progression sur les dix dernières années avec une tendance moyenne annuelle de  0,72 points, n’a vu son score augmenter que de  0,18 en moyenne par an au cours des cinq dernières.

La situation est plus préoccupante pour dix pays qui continuent d’afficher une tendance positive (ou statique) sur la décennie, mais enregistrent une dégradation sur la deuxième moitié de cette période. Deux d’entre eux (Maurice et Cap-Vert) font encore partie des cinq pays affichant les meilleurs scores en 2016. Leur régression récente toutefois menace d’inverser les progrès réalisés sur dix ans en matière de gouvernance.

À l’autre extrémité du classement, la régression de l’Angola au cours des cinq dernières années (à une cadence annuelle moyenne  de -0,30) menace également d’inverser les progrès réalisés sur la décennie, alors que ce pays figurait invariablement dans les dix dernières places  du classement depuis 2000 avant de sortir de ce peloton en 2012, pour retomber dans le bas du classement.

Vient ensuite le groupe de quatre pays dont les chiffrent augurent d’un redressement, après une période de dégradation ralentie. Trois de ces quatre pays (l’Afrique du Sud, le Mali et Madagascar), bien qu’ils enregistrent toujours une dégradation entre 2007 et 2016, montrent des signes de « Redressement »  susceptibles d’inverser la dégradation, en affichant une tendance positive au cours des cinq dernières années.

Madagascar reste le plus impressionnant d’entre eux, avec une baisse moyenne annuelle de son score de -0,73 point sur dix  ans, soit la deuxième plus forte dégradation sur cette période  en Afrique, mais une progression de  0,83 sur la deuxième  moitié de la décennie, soit la neuvième plus forte progression  sur les cinq dernières années.

Enfin, il y a le groupe des huit pays qui se dégradent sur la décennie et  n’affichent aucun signe d’inversion de cette tendance, sinon une accélération de la détérioration sur les cinq dernières années. Alors que dans ce groupe, des pays comme le Burundi, la Libye et la République centrafricaine méritent des circonstances atténuantes, en raison de crises persistantes dans ces pays, les cas du Botswana et du Ghana demeurent inquiétants, pour avoir affiché respectivement la 6ème et la 7ème plus fortes dégradations au  cours des cinq dernières années, alors qu’ils font toujours partie des dix pays les plus performants en 2016.
-0- PANA SSB/SOC 22novembre2017
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22 novembre 2017 15:05:46




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