Ghana: la CEDEAO condamne les attaques xénophobes en Afrique du Sud

Accra, Ghana (PANA) - Les dirigeants ouest-africains ont condamné, vendredi, les meurtres xénophobes d'Africains en Afrique du Sud et invité le gouvernement du président, Jacob Zuma à mettre fin à cette vague d'agressions criminelles et barbares.

"L'Autorité des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) condamne le meurtre barbare, criminel et xénophobe d'étrangers africains innocents en Afrique du Sud et invite le gouvernement sud-africain à réagir rapidement pour mettre fin à la vague croissante d'attaques à travers le pays", a indiqué la CEDEAO dans un communiqué publié à Accra par John Dramani Mahama, président du Ghana et actuel président en exercice du groupe sous-régional.

Les dirigeants de la CEDEAO ont également condamné les Sud-africains impliqués dans ces actes.

L'organisation ouest-africaine a qualifié de "triste, le fait que ces mêmes personnes, dont les nations se sont sacrifiées pour aider les Sud-africains à combattre, repousser et vaincre l'apartheid, sont aujourd'hui considérées comme des étrangers et tuées à la machette de manière si barbare".

Les chefs d'Etat de la CEDEAO se sont félicités de la déclaration du président Zuma et de ses assurances d'une résolution pacifique, mais ont demandé "un plan d'action national d'urgence, assorti d'une campagne pour le changement des comportements contre la xénophobie en Afrique du Sud".

Au moins cinq Africains ont été tués en Afrique du Sud dans ces violences xénophobes et le président Zuma a présenté, jeudi, ses condoléances à ceux qui ont perdu des êtres chers.
En s'adressant à l'Assemblée nationale au Cap, le président Zuma a souligné que les violences récentes violaient le respect de la vie, de la dignité humaine et la culture africaine de l'Ubuntu (unité).

Il a soutenu que son gouvernement était contre le racisme, la xénophobie, l'homophobie et le sexisme.

"Les Sud-africains ne sont généralement pas xénophobes. Si c'était le cas, il n'y aurait pas autant de ressortissants étrangers intégrés dans la société sud-africaine", a-t-il ajouté.

M. Zuma a déclaré à ses concitoyens qu'il était important de se souvenir que, durant la lutte pour la libération, plusieurs pays africains ont accueilli des exilés sud-africains, en ajoutant: "Quand nous avions des problèmes, ils nous ont aidé à lutter pour notre propre libération et ne nous ont pas chassés.

Les attaques contre les magasins d'étrangers qui ont commencé à Durban, la semaine dernière, se sont désormais étendues à Johannesburg, où plusieurs étrangers ont fui. Plus tôt dans la journée, des milliers de personnes ont défilé à Durban pour protester contre la xénophobie.

Une deuxième plainte pour discours haineux a été portée contre le Roi zoulou, Goodwill Zwelithini, qui est beaucoup critiqué pour avoir entretenu le sentiment d'agressivité contre les étrangers.

Dans un discours devant des milliers de supporters à Pongola, le mois dernier, le Roi Zwelithini s'est plaint de la criminalité et de la saleté dans les rues et déclaré que les immigrés devaient "faire leurs baluchons et partir".

La branche du Cap Occidental de l'Union de défense nationale sud-africaine a saisi la Commission sud-africaine des droits de l'Homme.

Le Congrès national africain (ANC) a également condamné ces attaques, les qualifiant "d'actes criminels contre des populations vulnérables et sans défense qui ont cherché refuge, réconfort et prospérité économique dans notre pays".
-0- PANA MA/SEG/IS/IBA 17avr2015

17 avril 2015 17:52:45




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