Ghana: L’opposition fustige les sanctions "draconiennes" contre les chaînes de radio

Accra, Ghana (PANA) – Le principal parti d’opposition au Ghana, le Congrès national démocratique (National Democratic Congress,NDC) a fustigé vendredi, les sanctions "draconiennes" prises par l’autorité de régulation des télécommunications, parmi lesquelles la fermeture d’une dizaine de chaines de radio.

Le Congrès national démocratique a déclaré que ces sanctions auront de graves conséquences sur la liberté de presse et sur le pluralisme médiatique dans le pays.

La minorité au Parlement a indiqué avoir appris avec une profonde inquiétude la décision prise par l’Autorité nationale des Communications (National Communications Authority, NCA) soumettant des maisons de presse à "des sanctions réglementaires très fortes’’ et l’a exhortée à suspendre par mesure d'urgence cette manœuvre, et d’utiliser le dialogue et des moyens plus souples pour garantir le respect des règlements.

La NDC a fustigé les différentes sanctions frappant 131 chaînes de radio, parmi lesquelles de fortes amendes et le retrait d’agréments ; cela suite à un audit au niveau national de la bande FM. Elle a indiqué vendredi, que 34 chaînes de radio avaient vu leur agrément retiré parce que leurs autorisations étaient arrivées à expiration et qu’elles travaillaient donc en toute illégalité.

La minorité au Parlement a, dans un communiqué signé par Alhaji A.B.A. Fuseini, membre de premier plan de la Commission Communications a déclaré : "Nous sommes profondément troublés par ce développement qui aura de graves conséquences sur la liberté de presse et le pluralisme médiatique. Ces mesures de la NCA menacent de remettre en cause les acquis déjà obtenus qui ont pérennisé une dynamique culture médiatique.

"Tout en reconnaissant le droit de la NCA de réguler le secteur des communications dans le but de garantir le respect aux régulations appropriées, nous sommes inquiétés par l’approche radicale et musclée de cette présente décision".

La minorité a indiqué que le fait d'invoquer subitement de présumées violations des régulations qui remontent à plusieurs années pour justifier la quasi fermeture des chaînes et des amendes exorbitantes, constitue un danger de mort à la liberté d’expression.

Elle a souligné que la radio est devenue le plus grand moyen de communication pour les larges franges de la population depuis la libéralisation des fréquences au début de l’actuelle ère démocratique en 1992 et les structures travaillant dans cet espace devraient donc être reconnues pour leurs incommensurables contributions au développement de la démocratie.

"L’application de la réglementation devrait être faite de manière raisonnable, de nature à prendre en compte la précarité inhérente à l’exploitation de plusieurs chaînes de radio", indique le communiqué.

"L’actuel retrait d’agrément et le régime de sanctions semblent monnayer le droit à la liberté d’expression et pourraient être perçus comme un effort visant à soustraire des fonds en particulier aux chaînes de radio qui ont traditionnellement été opposées à l’idéologie de l’actuel gouvernement du Nouveau Parti Patriotique (New Patriotic Party, NPP)".

La mesure de la NCA, a-t-elle indiqué, pourrait également avoir ‘’un impact négatif" sur l’emploi avec environ 5.000 personnes travaillant au sein des chaînes de radio et qui pourraient perdre leurs emplois.

"Cela ne fera qu’aggraver la situation précaire du chômage et augmenter les difficultés qu’endurent les Ghanéens’’, a-t-elle ajouté.
-0- PANA MA/ASA/IS/SOC 29sept2017


29 septembre 2017 18:30:45




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