Genre: l’UA et les Etats invités à prendre leurs responsabilités

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) – La campagne pour l-’équité entre hommes et femmes n’a pas encore beaucoup d’impact en milieu rural, a déclaré, dimanche à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, Mme Bineta Diop, présidente de l’Organisation internationale "Femmes, Africa Solidaritré" (FAS), dans un entretien accordé à l’envoyé spécial de la PANA.
Pour la présidente de FAS, les succès et résultats enregistrés par la campagne "Le Genre mon Agenda" sont surtout perceptibles en milieu urbain, ce qui prouve, selon elle que le statut de la femme reste toujours un point à élaborer.
Revenant sur la neuvième réunion consultative préalable au sommet sur l’intégration de la perspective Genre dans l’Union africaine qui s’est déroulée les 23 et 24 janvier à Addis-Abeba, Mme Diop a souligné qu’elle a permis de faire la revue des rapports sur la Déclaration solennelle sur l’égalité entre hommes et femmes en Afrique, adoptée en 2004.
A travers ces rapports présentés durant les travaux de cette rencontre, différents thèmes ont été examinés, notamment les questions économiques, les droits des femmes, la gouvernance, la femme dans les conflits armés, etc.
Et cela a permis, selon Mme Diop, de mesurer les réalisations faites par les gouvernements africains et les Organisation non-gouvernementales qui travaillent dans les questions de Genre.
A ce niveau, la réunion a dressé un constat alarmant, du fait que "9 pays sur 53 de l’Union africaine ont fourni un rapport, trois ans après l’adoption de la Déclaration solennelle sur l’égalité des hommes et femmes en Afrique", fait observer Mme Diop.
La présidente de FAS déplore aussi la faible qualité de ces rapports fournis par les Etats qui ne permettent pas de dresser de manière exhaustive les avancées sur la promotion de la femme en Afrique.
Si la réunion a salué l’adoption de la déclaration sur l’égalité des sexes jugée importante, elle note cependant la nécessité de passer à la vitesse supérieure.
"Ce qu’il faut maintenant, c’est la mise en oeuvre de la déclaration solennelle.
Tous ces instruments adoptés sont fantastiques, mais il est impérieux que le protocole devienne une loi votée à l’Assemblée nationale par tous les pays", déclare Mme Diop.
La présidente de FAS fait observer que "la déclaration solennelle est un cadre pour voir comment accélérer la mise en oeuvre des recommandations".
C’est ainsi qu’une résolution appelant les chefs d’Etat africains à s’impliquer dans la mise en oeuvre de la Déclaration, en dotant certains secteurs qui luttent pour la promotion de la femme d’un budget adéquat, a été adoptée par la neuvième réunion consultative sur l’intégration de la perspective Genre dans l’Union africaine.
Il leur est aussi demandé de mettre en place un commission de régulation chargée de veiller à la mise en oeuvre de la Déclaration sur l’égalité entre hommes et femmes.
Des recommandations ont été formulées en direction de l’Union africaine.
"Ce que nous lui demandons, c’est qu’elle envoie des missions sur le terrain pour négocier avec les Etats l’application des résolutions sur la Déclaration solennelle", fait remarquer Mme Diop, ajoutant que l’organisation panafricaine doit veiller à l’harmonisation des textes pour le respect de la parité au niveau du Nouveau partenariat pour le développement économique de l’Afrique et des communautés régionales et sous- régionales.
De la même manière, elle plaide pour une mise à disposition de moyens financiers adéquats et de ressources humaines aux mécanismes qui s’occupent des questions Genre dans l’Union africaine.
En attendant, Mme Diop prend déjà rendez-vous pour le prochain sommet de l’Union africaine prévu à Accra, la capitale du Ghana en juillet prochain.
"Il faudrait que nous ayons tous les rapports et qu’ils soient de qualité", prévient-elle.
On rappelle que la neuvième réunion consultative préalable au sommet sur l’intégration de la perspective Genre dans l’Union africaine a été organisée par les membres du Réseau de la campagne "Le Genre mon Agenda", sous la coordination de Femmes Africa Solidarité.
Elle a bénéficié du soutien de Open society initiative for West Africa (OSIWA).
Parmi les personnalités qui ont assisté à cette rencontre de deux jours, on note Mme Gertrude Mongella, président du Parlement de l’Union africaine et la ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud, Mme Zuma.

28 janvier 2007 17:11:00




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