Gambie: ARTICLE 19 vise à rétablir la confiance entre les journalistes et les forces de sécurité

Banjul, Gambie (PANA) - "Il est important de souligner la nécessité de rétablir la confiance et les relations de travail professionnelles entre les forces de sécurité et les médias en Gambie", a déclaré Fatou Jagne Senghore, Directrice régionale d'Article 19 Afrique de l'Ouest et du Centre, lors de la cérémonie de clôture, lundi, de la séance de formation du deuxième lot de membres des forces de sécurité gambiennes sur «la liberté d'expression et la sécurité des journalistes».

Cette formation vise, selon les organisateurs, à améliorer les capacités des forces de sécurité en Gambie, à garantir la liberté d'expression et la sécurité des journalistes dans le cadre de la mise en œuvre du plan d'action de l'ONU sur la sécurité des journalistes et le problème de l'impunité, approuvé en avril 2012 par les Conseils exécutifs de tous les organes de l'ONU.

Organisée par ARTICLE 19, cette formation a été financée par l'Union européenne pour renforcer les droits de l'Homme dans ce petit pays de l'Afrique de l'Ouest.

Selon Mme Senghore, le gouvernement du président Adama Barrow a réitéré l'importance de la liberté d'expression et l'accès à l'information dans la transition démocratique et pour la bonne gouvernance.

Elle a souligné que l'obstacle crucial au développement et à la promotion de la liberté d'expression dans le pays a entretenu des tensions entre les journalistes locaux et les forces de sécurité; car les agents de la loi ne connaissent généralement pas les principes du droit à la liberté d'expression et la façon de traiter avec les journalistes d'une manière qui respecte la liberté de la presse et leur permet d'accéder à l'information d'intérêt public.

Elle a noté que les parties prenantes ne se sont souvent pas accordées pour empêcher un usage excessif de la force, des attaques criminelles ou politiquement motivées contre les journalistes par les agents de sécurité et la violence.

"Les groupes extrémistes et les forces de sécurité devraient comprendre l'importance d'établir un bon niveau de communication avec les médias ou les avantages de la construction de relations professionnelles avec les journalistes", a-t-elle averti.

Elle a ajouté que le plan est un mécanisme unique et la première tentative de rassembler systématiquement toutes les parties prenantes, y compris le Système des Nations Unies, les États membres, les organisations internationales et régionales, les milieux universitaires et les médias eux-mêmes pour résoudre les défis de la sécurité des journalistes et la lutte contre l'impunité aux niveaux mondial, régional et national.

Elle a déclaré qu'ARTICLE 19 travaille sur des questions de la liberté d'expression en Gambie depuis plus d'une décennie.

ARTICLE19 Afrique de l'Ouest et du Centre déclare s'efforcer à protéger les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme et à mettre fin à l'impunité et à la corruption, ajoutant que la protection des journalistes, les réformes du droit des médias et le développement des lois sur l'accès à l'information sont essentiels pour rendre plus responsable les gouvernements.

Leszek Jeremy, responsable régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Ouest, a déclaré que la promotion de la sécurité des journalistes et la lutte contre l'impunité de ceux qui les attaquent sont des éléments centraux de l'action de l'UNESCO pour soutenir la liberté de la presse dans toutes les plates-formes médiatiques, peu importe d'où elles viennent, tout en indiquant que l'acquisition et la transmission de connaissances sont des tâches essentielles pour tous ceux qui luttent pour la liberté d'expression et le droit à l'information.

"Par conséquent, défendre la liberté d'expression et ses corollaires à travers le monde est l'une des principales missions de l'UNESCO", a-t-il déclaré.

Il a déclaré que le renforcement des médias locaux contribue de manière significative aux efforts de consolidation de la paix, de la démocratie et de la bonne gouvernance, bien que les professionnels des médias soient confrontés à de nombreux obstacles dans l'exercice de leurs fonctions.

"La lutte est loin d'être gagnée et nous devons persévérer", a ajouté Jeremy.

Par ailleurs, le chef de la protection d'ARTICLE 19, Ricardo Gonzales a exhorté les participants à utiliser les connaissances acquises grâce à la formation et à en faire le meilleur usage pour maintenir de bonnes relations entre les forces de sécurité et les médias.

Dans sa réaction, Mary Anne Ndiaye, une participante, a déclaré qu'au fil des ans, les médias gambiens ont été mis à l'écart, maltraités et abusés avec le personnel de sécurité accusé de trop d'excès.

Selon elle, la formation a créé des moyens plus rapides d'éradiquer le non-professionnalisme dans les domaines de la sécurité et des médias. "Nous disons stop au manque de partenariat, de coopération et la méfiance entre les médias et les forces de sécurité".

«Nous avons appris de nouvelles façons de promouvoir les bonnes relations professionnelles entre les forces de sécurité et les journalistes afin d'aider les personnes lors d'événements tels que les catastrophes naturelles; il s'agit aussi d'aider à prévenir et sensibiliser les gens aux activités criminelles et à promouvoir l'autonomisation des femmes en renforçant les capacités des agents de sécurité femmes qui est vital pour la construction de la paix".
-0- PANA MSS/VAO/MTA/IS/IBA 12juillet2017

12 juin 2017 15:26:12




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