Gambie : La MFWA condamne un chef traditionnel ghanéen pour avoir agressé un journaliste

Banjul, Gambie (PANA) - La Fondation pour les médias de l'Afrique de l'Ouest (MFWA) a condamné samedi sans équivoque, l'agression d'un journaliste par un chef traditionnel au Ghana.

Dans un communiqué transmis à la PANA, l'organe sous-régional des droits des médias a révélé que le chef traditionnel de Wassa Akropong, dans la région occidentale du Ghana, a agressé Larry Saint, reporter de Rivers FM.

Le chef, Tetre Akuamoah Sekyim II, aurait convoqué le journaliste dans son palais, le 10 octobre 2017, et l'aurait interrogé sur des remarques critiques que le reporter avait faites à son endroit sur une plateforme WhatsApp.

Le chef a, par la suite, forcé le reporter à s'agenouiller sous le soleil brûlant pendant environ trois heures avant d'ordonner à la police de l'arrêter.

Le directeur exécutif de la MFWA, Sulemana Braimah, a condamné l'acte du chef et a également désapprouvé la police pour avoir obéi au chef.

"C'est un développement regrettable, et savoir que la police a agi comme elle l'a fait est malheureux", a déclaré M. Braimah.

Selon le communiqué, l'incident est né suite au meurtre d'un habitant de la ville minière par un ressortissant chinois, le 7 octobre, et le journaliste aurait posté un commentaire sur une plateforme WhatsApp pour des journalistes locaux dans lequel il accusait le chef de ne montrer aucun intérêt pour le bien-être de la jeunesse.

La voix a circulé sur WhatsApp et le chef l'a entendu ; il a convoqué le journaliste dans son palais et l'a soumis au traitement dégradant de s'agenouiller sous le soleil brûlant.

Comme s'il n'avait pas suffisamment humilié le journaliste, le chef a appelé la police pour l'arrêter.

La MFWA a déclaré que la surintendante adjointe de la police régionale de l'Ouest PRO, Olivia Diku, a confirmé l'arrestation et a ajouté qu'on enquêtait sur la question.

"Le journaliste, de même que tout citoyen d'ailleurs, a le droit, en vertu de la Constitution du Ghana de 1992 et dans le cadre du système traditionnel de gouvernance, d'exprimer une opinion critique sur les titulaires de charge publique, y compris les chefs".

«De plus, cela fait partie de l'éthique traditionnelle de nos aînés et de nos chefs de faire la sourde oreille à l'invective qui leur est destinée, mais qui ne s'exprime pas directement en leur présence».

Il a déclaré que l'action du chef est donc non seulement en contradiction avec ce code traditionnel, mais aussi qu'il est incapable de tolérer la critique, qui était une qualité vitale de leadership.
-0- PANA MLJ/MA/MTA/IS/SOC 14oct2017

14 octobre 2017 16:39:46




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