Gadio préconise un mécanisme d’alerte dans la charte de l'UA

Addis Abeba- Ethiopie (PANA) – Le mécanisme de pré-vention contre les coups d’Etat de l’Union africaine doit être adapté pour lui permettre de marcher sur ses deux jambes, a déclaré le ministre d’Etat sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, dans un entretien avec la PANA, samedi à Addis Abeba.
Le ministre suggère notamment d'ajouter au principe contenu dans la charte fondamentale de l’UA condamnant tout coup d’Etat, un mécanisme d’alerte et de prévention.
"Nous n’avons pas de problème avec l’application du principe d’exclure de l’organisation continentale tout pays dirigé par un pouvoir issu d’un coup de force, mais nous estimons qu’il est aussi important d’activer un mécanisme d’alerte et de prévention pour éviter justement d’en arriver à ces coups d’Etat", a expliqué M.
Gadio.
"Quand un coup d’Etat intervient dans un pays, l’UA doit effectivement réitérer les principes contenus dans la charte fondamentale, mais son action ne doit pas s’arrêter là », a estimé le ministre, ajoutant que son rôle est aussi "d’accompagner les nouveaux dirigeants issus du coup de force pour permettre le retour rapide à l’ordre constitutionnel".
Aussi, M.
Gadio a-t-il salué la décision de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), qui a exclu la Guinée de l’organisation, tout en mandatant le président de l’organisation d’effectuer une mission dans ce pays pour accompagner la transition et permettre l’organisation rapide d’élections.
Le même principe a été appliqué en Mauritanie et a permis de trouver un accord avec la junte militaire pour l’organisation d’une élection présidentielle le 6 juin prochain, a rappelé M.
Gadio, appelant l’Union Africaine à soutenir et accompagner cette élection.
Concernant la Guinée, le ministre sénégalais des Affaires étrangères estime que tous les ingrédients étaient réunis pour un coup d’Etat.
"Le président était malade, le mandat des députés avait expiré depuis deux ans, les institutions étaient presque en veilleuse, alors que la situation économique s’était beaucoup dégradée avec des fonctionnaires qui n’étaient pas payés régulièrement", a-t-il relevé.
"Tout le monde attendait qu’il se passe quelque chose en Guinée", a-t-il dit, estimant toutefois, qu’avec un mécanisme d’alerte et de prévention, "l’UA aurait pu ouvrir des discussions avec les acteurs politiques guinéens (pouvoir, opposition et société civile) pour permettre au président empêché de se retirer en toute sécurité avec sa famille et établir un calendrier électoral permettant de pérenniser les institutions républicaines".
Par ailleurs, le ministre a dénoncé les "abus du principe de compétence universelle" de la part de certains pays qui, selon lui, sont en train de le dévoyer complètement en poursuivant des citoyens africains.
Il a fait observer que ce principe était du ressort de la Cour pénale internationale qui, a-t-il souligné, "n’agit que si les autorités judiciaires d’un pays n’ont pas été en mesure de poursuivre un de leurs ressortissants".
"Si au nom de ce principe, certains pays continuent de prendre des citoyens africains pour les juger dans leurs tribunaux ordinaires, l’anarchie va s’installer", a averti M.
Gadio, invitant les Africains à réfléchir et à rechercher des fautes commises par ces pays contre leurs ressortissants pour appliquer le principe de réciprocité.
On rappelle que 108 pays ont adhéré à la Cour pénale internationale dont 38 Etats africains.

31 janvier 2009 10:39:00




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