Francophonie: le candidat mauricien dénonce la France

Port-Louis, Maurice (PANA) - Le candidat mauricien au poste de Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Jean-Claude de L’Estrac, a déclaré, ce vendredi, que Maurice a le sentiment d’avoir été trahie, après que Mme Michaelle Jean a été choisie pour diriger cette organisation internationale, avant de dénoncer «l’opération  qui, au pays de Senghor, a vu l’Organisation internationale de la Francophonie être attribuée à l’Amérique du Nord».

Selon M. de L’Estrac, la charte de l’organisation n’a pas été respectée.

«Le nouveau Secrétaire général a été désigné et imposé par une entente diplomatique  entre la France et le Sénégal. Elle s’est manifestée suite à des tractations dont la plupart des pays membres ignorent les tenants et les aboutissants», a-t-il dit.

Il a déclaré que l’on ne peut pas prétendre promouvoir la démocratie dans l’espace francophone et «utiliser les méthodes despotiques à l’ancienne pour imposer un candidat suite à des tractations secrètes».

«C’est une première trahison, la charte est trahie. Le  procédé n’a été ni ouvert, ni transparent, ni démocratique.  Si des élections en bonne et due forme avaient été tenues, le résultat aurait été tout autre», a-t-il estimé.

M. de L'Estrac a rappelé que: «partout où je me suis trouvé en Afrique, tous les dirigeants politiques rencontrés n’ont eu de cesse d’affirmer que le poste de Secrétaire général devrait être occupé par un représentant des pays du Sud, un Africain s’entend, dans le respect de ce qu’ils appellent le Pacte de Hanoi».

Il a poursuivi: «Quand bien même les pressions françaises, qu’ils aient finalement décidé, sans vraiment se battre, de retirer une à une leurs candidatures en faveur de la candidate du Canada est incompréhensible, inexpliquée et inexplicable».

Le candidat mauricien a affirmé que le président de la République de Maurice, Rajkeswar Purryag, a longtemps résisté avant de se trouver devant le fait accompli d’un  « consensus » restreint avant même qu’il n’ait eut la possibilité de dire que Maurice était disposée à se soumettre à un vote.

Il a dénoncé le président français qui selon lui, «a activement animé la discussion même si la France, apparemment, n’avait pas officiellement de candidat».

«Mais le président français ne s’était pas privé, la vieille de l’élection prévue, de dire son choix ; il avait publiquement dit le bien qu’il pensait de la candidate du Canada. Il avait jusque-là prétendu vouloir œuvrer en faveur d’un consensus africain. A Dakar, le Pacte de Hanoi a été trahi», a affirmé M. de L’Estrac.

Il a indiqué que la candidature mauricienne a été assez largement encouragée tant par des diplomates français qu’africains.

« On soulignait que Maurice est un Etat extrêmement moderne et dynamique, résolument tourné vers les investissements d’avenir au profit de la jeunesse et désireux de jouer un rôle de pont entre l’Afrique et les grands acteurs de l’Océan indien».

Il a dit que la déception est très forte. «On spécule beaucoup sur d’éventuelles contreparties. Il faut souhaiter maintenant qu’une forme d’équilibre politique et gestionnaire soit trouvée à la direction de l’organisation pour sauvegarder le principe de la solidarité qui est censée être une vertu cardinale de l’organisation. Et plus que tout, il faut espérer que la Francophonie économique voie le jour», a-t-il déclaré.
-0-PANA-NA/BEH/IBA  05 décembre  2014

05 décembre 2014 14:52:56




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