Praia- Cap-Vert (PANA) -- Le Cap-Vert va créer, cette année, un fonds social d'appui aux victimes de la violence domestique destiné à octroyer une aide financière aux personnes affectées par ce phénomène, surtout les femmes, a appris la PANA, lundi, de source officielle.
La création de ce fonds a été annoncée par la présidente de l'Institut cap-verdien pour l'égalité et l'équité Genre (ICIEG), Claudia Rodrigues, à l'ouverture des travaux de la 3ème réunion ordinaire du Réseau d'accueil aux victimes de la violence domestique à Praia.
Environ une Cap-verdienne sur quatre est victime d'agression de la part de son conjoint, ce qui représente un taux de 22% des cas de violence domestique dans l'archipel.
Pour faire face à ce problème et essayer de réduire ce taux, le Conseil des ministres du Cap-Vert a approuvé, en mars de l'an dernier, un Plan national contre la violence domestique, qui prévoit des mécanismes de traitement et de réinsertion des victimes de ce phénomène, surtout les femmes.
Bien qu'on enregistre, souvent, des cas d'agression perpétrée contre le conjoint, le nombre d'hommes plaignants est, toutefois, infime.
Selon de récentes études, l'alcoolisme, les questions passionnelles et aussi le fait que quelques hommes ne reconnaissent pas les "capacités aux femmes", sont les principales causes de la violence contre les femmes.
En plus de la réinsertion et du traitement des victimes, le Plan national contre la violence domestique prévoit de renforcer les cabinets d'appui et l'implication des Organisations non-gouvernementales dans la lutte contre ce phénomène.
Pour les représentants de l'ICIEG, cette problématique exige des réponses articulées et multidisciplinaires et c'est dans ce sens que l'institution avait réuni 12 membres du Réseau d'accueil aux victimes de la violence domestique pour qu'ensemble, ils analysent le rôle de chacun dans la lutte contre ce phénomène.
La coordinatrice du réseau, Elsa Fortes, souligne le fait que la création du fonds d'appui vient s'ajouter à l'appui policier, médical, psychologue, juridique et d'accueil émotionnel, qui sont déjà prêtés aux victimes de la violence domestique.
Ce qui signifie, surtout que les femmes qui sont obligées d'abandonner leur maison, à cause de la violence domestique, bénéficieront d'un appui financier si cela se révèle nécessaire, a-t-elle expliqué.
Au Cap-Vert, la violence domestique est classée comme un crime dans le code pénal et déjà des cabinets d'appui aux victimes fonctionnent, notamment dans les services d'urgence des hôpitaux où ils sont assurés par des agents féminins de la Police formés dans ce domaine.