Fin du sommet de l'UA sans accord sur le "budget de solidarité"

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le 3ème sommet de l'Union africaine, qui se tenait depuis mardi dans la capitale éthiopienne, a pris fin jeudi après avoir décidé de se réunir désormais deux fois par an, approuvé les recommandations du Conseil exécutif, adopté 18 autres décisions et deux déclarations, mais sans avoir annoncé de consensus immédiat, sur le "budget de solidarité" que réclamait le président de la Commission.
Dans le cadre des décisions adoptées, le sommet a recommandé la réélection de MM Jacques Diouf et Koïchiro Matssura, respectivement pour un troisième et deuxième mandat à la direction générale de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
L'idée d'un budget consensuel de solidarité alimenté par des contributions volontaires des Etats membres afin de renforcer les moyens de la Commission, n'a plus du tout été évoquée au dernier jour des travaux, "faute de consensus immédiat", a appris la PANA de source proche de la conférence.
Sauf annonce unilatérale de dons spéciaux ou contributions supplémentaires de la part des Etats, le président de la Commission devra, par conséquent se suffire du budget ordinaire complémentaire, en attendant la convocation, à compter de novembre prochain, de la session spéciale du Conseil exécutif, pour arbitrer le programme de 600 millions de dollars américains soumis à l'appréciation des instances supérieures de décision politique.
Un jour avant sa clôture, le sommet d'Addis-Abeba avait également choisi, après consultations entre les présidents Hosni Moubarak d'Egypte (en séjour médical en France) et Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, les deux pays qui en sollicitaient le privilège, de fixer le siège du Parlement panafricain en Afrique du Sud.
Il avait également été expliqué à la délégation libyenne, qui proposait de séparer, "comme l'autorise la pratique des Organisations internationales, les sièges de l'Union et de la Commission", que les dispositions précises et contraignantes de l'article 24 de l'Acte constitutif de l'Union, adopté depuis juillet 2000 au sommet de Lomé, au Togo, n'en laissent plus la liberté.
Contrairement à l'OUA qui, à l'origine, avait fait simplement de la capitale éthiopienne un "siège provisoire" jamais remis en cause par la suite, ces nouvelles dispositions, beaucoup plus explicites, stipulent désormais que "le siège de l'Union est à Addis-Abeba".
Toutefois, précise le sommet, le même article 24 laisse à "la conférence", la liberté de "créer des bureaux ou des représentations de l'Union", mais, "sur recommandation du Conseil exécutif".
La conférence, qui s'est penchée ensuite sur des questions dont elle était directement saisie, a pris des décisions relatives à la situation politique du continent, à la vie institutionnelle de l'Union et aux questions spécifiques intéressant plus directement le vécu des populations africaines.
Les décisions institutionnelles nouvelles sont liées notamment à la mise en oeuvre du Protocole instituant le Conseil de paix et de sécurité de l'Union, au projet de Force africaine pré- positionnée, au lancement des activités du Parlement panafricain, à l'installation du Conseil économique social et culturel de l'Union, à la réflexion, en cours, sur le Conseil du futur africain, aux modalités de fusion, par étapes, du secrétariat du NEPAD au sein de la Commission et enfin, au choix de l'hymne, du drapeau et du logo de l'Union africaine.
Les décisions politiques nouvelles venant consolider celles proposées par le Conseil exécutif et approuvées dès le premier jour de leurs travaux par les chefs d'Etat portent, pour leur part, sur une déclaration sur la Guinée équatoriale venant compléter et appuyer l'appel initialement lancé à ce pays, par la session ministérielle, de même que le projet de protocole additif à la Convention africaine pour prévenir et combattre le terrorisme sur le continent.
Enfin, au plan social, les décisions sont relatives au Centre international pour l'éducation des filles et des femmes d'Afrique (CIEFA), à l'organisation, pour la première fois par l'Afrique, de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud et à la Conférence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora prévue du 6 au 9 octobre à Dakar, au Sénégal.
Deux déclarations spécifiques sur le Genre et l'équité en Afrique d'une part et, d'autre part, la Politique agricole commune et ses implications dans le commerce des matières premières des pays ACP bouclent cette série de décisions qui engagent, à compter de ce 8 juillet 2004, chaque pays africain.

08 juillet 2004 13:16:00




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