Fin de la visite du médiateur est-africain dans la crise burundaise

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le médiateur de la Communauté est-africaine et ancien président de la Tanzanie, Benjamin William M’Kapa, a tranché, vendredi, en faveur de la « légalité» du mandat présidentiel de 2015 à l’origine de la crise burundaise de plus d’un an et demi, au terme d’une visite de travail de trois jours à Bujumbura.

Pour lui, il faut se fier à la volonté du peuple burundais qui a voté en faveur de l’actuel président, Pierre Nkurunziza et les instances judiciaires habilitées qui ont ensuite validé l’élection.

L’autre signe de légitimité qui n’a pas échappé à l’attention du médiateur est que des ambassadeurs étrangers se bousculent auprès du chef de l’Etat burundais pour lui présenter leurs lettres de créance.

De ce fait, le mieux est que les Burundais tournent la page et se préparent aux prochaines échéances électorales de 2020, a estimé M. M'Kapa.

D’un autre côté, le médiateur a exclu d’associer au dialogue inter-burundais, ceux des opposants politiques ayant trempé dans les violences électorales et la tentative de putsch militaire manqué de l’année dernière.

Au sujet de la Constitution nationale qui fait l’objet d’un projet gouvernemental de révision, le médiateur a trouvé que cela relevait du droit « absolu » des Burundais.

L’opposition suspecte l’actuel chef de l’Etat burundais de vouloir se donner les moyens légaux de s’éterniser au pouvoir par des changements dans la Constitution.

Ces différentes prises de positions du médiateur sont de nature à réconforter le pouvoir burundais qui s’était jusque-là refusé à un dialogue avec les opposants ayant appelé aux manifestations de rue contre le troisième mandat présidentiel et les auteurs de la tentative de putsch manqué qui s’en était suivie.

Par contre, les réactions s’annoncent véhémentes du côté du Conseil national pour la défense de l’Accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, sur la paix, la réconciliation et l’Etat de droit (Cnared, principale plate-forme de l’opposition), déjà au bord de la rupture avec le médiateur, en le suspectant d’avoir un « côté penchant » pour le pouvoir burundais.

On ne compte plus déjà le nombre de médiateurs de l’Union africaine (UA) et des Nations unies dans la tenace crise burundaise qui ont été à ce jour obligés de remettre le tablier, certains récusés par le pouvoir, d’autres par l’opposition.

Les différents diplomates africains et européens, qui ont eu à rencontrer le médiateur au cours des trois jours de sa visite à Bujumbura, ont maintenu leurs positions sur un dialogue « inclusif et sincère » nécessaire pour sortir le Burundi d'une crise ayant fait à ce jour au moins un millier de morts, entre 300 et 800 disparus forcés, autour de 310.000 réfugiés et valu la prison à quelque 8.000 personnes pour leurs opinions politiques, selon un récent rapport d'enquête de la Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh).
-0- PANA FB/BEH/IBA 09déc2016

09 décembre 2016 14:20:58




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