Eyadéma annonce la signature d'un accord sur la crise ivoirienne

Yamoussoukro- Côte d'Ivoire (PANA) -- Le chef de l'Etat togolais, Gnassingbé Eyadéma, a annoncé lundi à Yamoussoukro (230 km au nord d'Abidjan), la signature, "dans les jours à venir à Lomé", (Togo), d'un accord global sur la crise ivoirienne.
"Je vais convoquer, dans les deux ou trois jours à venir, une réunion du Groupe de contact de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ainsi que les délégués des partis politiques ivoiriens afin de signer ce document", a affirmé en substance le président Eyadéma, par ailleurs coordinateur du Groupe de contact de la CEDEAO.
Le médiateur principal dans la crise ivoirienne n'a pas voulu donner le moindre détail sur la nature du document qu'il propose de faire signer au gouvernement, au Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), la branche politique de la rébellion armée contre le régime du président Laurent Gbagbo, ainsi qu'aux partis politiques ivoiriens les plus représentatifs.
M.
Eyadéma, qui fait preuve d'un bel optimisme, et qui se dit convaincu d'arriver à ses fins, a même laissé entendre que le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, en personne, pourrait faire le déplacement de la capitale togolaise pour l'événement.
Revenant sur les négociations inter ivoiriennes de Lomé qui, de l'avis des observateurs, se trouvent actuellement dans l'impasse, le chef de l'Etat togolais a rappelé que les belligérants se sont déjà entendus sur le volet concernant les revendications à caractère corporatiste des militaires mutins.
Selon lui, les questions politiques tourneraient essentiellement autour de la révision de la Constitution, de la mise en place d'une nouvelle Commission électorale indépendante et de la politique nationale d'identification.
Interrogé par l'envoyé spécial de la PANA sur l'ultimatum adressé à la CEDEAO par le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) l'appelant à se prononcer, au plus tard ce lundi, sur le "charnier de Monokozohi", le président Eyadéma s'est voulu rassurant.
"On ne sait pas encore si le charnier renferme les corps de gens morts pendant les combats, ou bien si c'est la conséquence d'exactions commises sur des civils innocents.
Pour le moment, nous ne pouvons pas nous prononcer sur cette affaire", a-t-il soutenu, affirmant que "l'armée française était en train de faire une enquête".
Le charnier de Monokohozi avait été découvert jeudi dernier dans la région de Vavoua (à environ 400 km au nord-ouest d'Abidjan), par un détachement de l'armée française qui assure la supervision du cessez-le-feu signé, le 17 octobre dernier, entre les belligérants.
Le MPCI avait menacé de se retirer des négociations de Lomé si la CEDEAO ne se prononçait pas clairement sur cette question.
Revenant sur la situation de guerre qui prévaut en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre dernier, le chef de l'Etat togolais a insisté sur l'urgence, pour la sous-région à y mettre rapidement un terme, dans la mesure où, a-t-il dit, ce pays représente 40 pour cent du PIB de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA).
"Si nous ne faisons rien pour stopper cette guerre, le franc CFA va être dévalué à nouveau", a-t-il averti.
Le président Eyadéma a expliqué son bref séjour ivoirien par sa volonté de participer aux cérémonies commémoratives du 9ème anniversaire de la mort du premier président de la Côte d'Ivoire indépendante, Félix Houphouët-Boigny, décédé le 7 décembre 1993.
Il semble cependant que l'extension des combats dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, où un nouveau front s'est ouvert il y a une dizaine de jours, et l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations de Lomé, soient pour beaucoup dans ce déplacement.
Arrivé à Yamoussoukro en milieu de matinée, le président du Groupe de contact de la CEDEAO, a regagné la capitale togolaise en fin de journée.
Il était accompagné du représentant de l'Union africaine aux négociations de Lomé, l'ancien président de Sao Tome et Principe, Miguel Trovoada, et du chef de la délégation gouvernementale à ces négociations, M.
Laurent Dona Fologo,

09 décembre 2002 19:04:00




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