Ethiopie : Inégalités renforcées par l’informel en Afrique de l’Ouest

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Le secteur informel a contribué à renforcer les inégalités en Afrique de l’Ouest, en dépit des taux de croissance soutenues, selon le premier rapport économique de la Commission de l’Union africaine lancé, ce mercredi à Addis-Abeba.

«Entre 2000 et 2014, l’Afrique de l’Ouest a bénéficié de l’un des taux de croissance les plus soutenus du continent, à plus de 5%. Mais les performances sont inégales, puisque le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana assurent 85% du PIB régional.

L’importance des activités informelles, le creusement des inégalités et la pauvreté compromettent par ailleurs la résilience de la croissance», indique ce rapport intitulé «Dynamiques du développement en Afrique : croissance, emploi et inégalités ».

Même si l’accroissement démographique en Afrique de l’Ouest, la hausse de la demande régionale et l’essor de la classe moyenne constituent autant de perspectives positives de développement, il est à faire remarquer que ces facteurs requièrent la création de millions d’emplois dans l’économie formelle.

Selon le rapport, la croissance économique est principalement tirée par l’exploitation des matières premières et l’agriculture, deux secteurs qui n’offrent pas suffisamment d’emplois pour les jeunes.

De ce fait, note-t-on, les jeunes et les femmes, qui sont également exclus du secteur formel, se tournent vers les activités informelles, lesquelles représentent entre 68 et 90% de l’emploi total. La pénurie d’emplois formels devient un enjeu majeur dans la mesure où, à l’horizon 2035, les 15-24 ans représenteront 20% de la population, soit 117 millions de personnes.

Même si l’accès aux services de base s’est amélioré, la distribution du revenu reste inégale et du fait de l’accroissement démographique rapide, le nombre d’individus vivant dans l’extrême pauvreté est passé de 98.9 millions en 1990 (55.4%) à 144.4 millions en 2013 (43.8%).

Dans cet espace, souligne le rapport, « les inégalités restent élevées, avec un coefficient de 0.39 en 2014, et s’accentuent dans plusieurs pays. L’indice de développement humain (IDH) est le plus faible du continent à 0.47. La protection sociale demeure insuffisante. La moitié des pays d’Afrique de l’Ouest affichent de fortes inégalités hommes-femmes».

Pour installer une croissance inclusive et durable, les stratégies envisagées doivent s’articuler autour de trois grands axes.

Il s’agit d’abord de « développer le secteur privé local en favorisant les regroupements d’entreprises, optimiser les cadres réglementaires et les régimes fiscaux afin d’attirer des investissements et promouvoir la diversification de l’économie».

Le renforcement des liens zones rurales-zones urbaines en développant les capacités des villes intermédiaires, l’amélioration des infrastructures et des corridors nationaux et transfrontaliers tout en promouvant les activités agro-industrielles.

Les dirigeants de cette partie de l’Afrique devront accroître les investissements dans l’éducation universelle, notamment pour les filles, et, parallèlement, améliorer la qualité de l’éducation et du développement de compétences professionnelles afin de satisfaire les attentes du marché du travail.

Ce rapport, réalisé avec l’appui de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), analyse les politiques requises pour promouvoir une croissance inclusive, créer des emplois et réduire les inégalités, lesquelles politiques, à leur tour, visent à répondre aux aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour « une Afrique prospère fondée sur une croissance inclusive et un développement durable » et réaliser les objectifs de son premier Plan décennal de mise en œuvre 2013-2023.

« Les dynamiques de la croissance, de l’emploi et des inégalités dépendent également de l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et des méga-tendances qui président au développement du continent », indique le document dont les cinq chapitres consacrés aux régions mettent en évidence de grandes différences dans ces dynamiques en Afrique australe, centrale, de l’Est, du Nord et de l’Ouest, et  proposent des recommandations spécifiques à chaque région.

Le rapport entend fournir aux décideurs africains un outil de travail actualisé en appui au dialogue sur les politiques et aux réformes à l’échelle des pays, des communautés économiques régionales et du continent tout entier.
-0- PANA IT/IS 11juil2018

11 يوليو 2018 14:42:13




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