Ethiopie : Appel au changement dans les dynamiques de croissance en Afrique

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - L’Afrique est appelée à opérer des changements dans les dynamiques de croissance, pour une réalisation adéquate de l’Agenda 2063, selon le rapport intitulé: «Dynamiques du développement en Afrique: croissance, emploi et inégalités», lancé, ce mercredi à Addis-Abeba (Ethiopie).

«La réalisation de l’Agenda 2063 requiert un changement dans les dynamiques de croissance de l’Afrique», indique le rapport, soulignant que le continent africain connaît une croissance soutenue depuis 2000, à l’origine de «l’émergence de l’Afrique». Entre 2000 et 2016, l’Afrique a réalisé un taux de croissance moyen de 4.6%, meilleur qu’en Amérique latine et aux Caraïbes (ALC) (2.8%), mais inférieur à la moyenne des pays en développement d’Asie (7.2%) ».

Les rédacteurs du rapport expliquent cette dynamique en Afrique en partie par des cours des matières premières favorables, l’amélioration de la gestion macro-économique et des allègements de dette, ainsi que, dans certains pays, des stratégies de diversification.

Le rapport souligne que plusieurs pays ont accru leurs investissements dans les infrastructures publiques, certains ont également multiplié leurs partenariats stratégiques - notamment avec la Chine, l’Inde et d’autres pays émergents, sans pour autant générer des emplois de qualité et faire diminuer les inégalités.

En Afrique, relève le rapport, la croissance reste volatile, malgré un processus solide d’accumulation de capital et de nouveaux partenaires commerciaux. Après un repli en 2016, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) en volume devrait rebondir à 4% par an entre 2018 et 2020. Les trajectoires des différents pays entre 1970 et 2016 montrent que les épisodes de croissance tendent à être plus courts en Afrique et en Amérique latine qu’ailleurs dans le monde.

La plupart des pays africains peinent à maintenir la croissance sur une période prolongée, en particulier dans les pays riches en ressources. Avec le dévissage des cours des matières premières entre 2012 et 2016 (58% pour les combustibles et 37% pour les métaux et les minerais), ces derniers ont vu leur croissance ralentir à 1.5% en 2016.

Face à la conjoncture macro-économique moins favorable, plusieurs pays africains pourraient avoir du mal à maintenir leur niveau actuel d’investissements. Seuls trois pays d’Afrique devraient atteindre l’objectif défini par l’Agenda 2063, à savoir un taux de croissance annuel moyen de 7% sur la période 2016-2020.

Parlant du bien-être, les experts soulignent qu’en Afrique, la corrélation entre le PIB par habitant et les indicateurs de bien-être semble plus fragile que la moyenne mondiale. Les résultats relatifs à d’autres dimensions du bien-être, comme la durée de la scolarité, l’état de santé et les conditions de logement, y entretiennent un lien nettement plus distendu avec le PIB par habitant que la moyenne mondiale.

Les résultats sont identiques pour plusieurs dimensions du bien-être subjectif, y compris la satisfaction vis-à-vis du niveau de vie et la couverture de santé. Les aspects liés à la gouvernance publique sont également préoccupants.

Pour réaliser le premier objectif défini dans le Plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063, les gouvernements africains vont devoir améliorer leurs performances en matière de bien-être, soutient le rapport.

Ce rapport annuel, qui en est à sa première édition, analyse les politiques requises pour promouvoir une croissance inclusive, créer des emplois et réduire les inégalités, lesquelles politiques, à leur tour, visent à répondre aux aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour «une Afrique prospère, fondée sur une croissance inclusive et un développement durable» et réaliser les objectifs de son premier Plan décennal de mise en œuvre 2013-2023.

«Les dynamiques de la croissance, de l’emploi et des inégalités dépendent également de l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et des méga-tendances qui président au développement du continent», indique le document dont les cinq chapitres consacrés aux régions mettent en évidence de grandes différences dans ces dynamiques en Afrique australe, centrale, de l’Est, du Nord et de l’Ouest et proposent des recommandations spécifiques à chaque région.

Le rapport entend fournir aux décideurs africains un outil de travail actualisé en appui au dialogue sur les politiques et aux réformes à l’échelle des pays, des Communautés économiques régionales et du continent tout entier.
-0- PANA IT/IS/IBA 11juil2018

11 juillet 2018 13:31:47




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