Etats-Unis : Le CPJ plaide pour la suspension des poursuites contre trois journalistes camerounais

New York, Etats-Unis (PANA) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités camerounaises à suspendre immédiatement les poursuites contre trois journalistes, après qu'un juge a modifié les accusations portées contre eux au milieu du procès.

Il s'agit de Félix Cyriaque Ebolé Bola, sous-directeur du quotidien Mutations, Baba Wamé, journaliste et enseignante à l'Université de Yaoundé 2, et Rodrigue Tongué, journaliste à Canal 2 Television.

Dans un communiqué publié vendredi, l'organe de surveillance de la liberté de la presse a indiqué que lors de l'audience du 9 octobre, ils avaient été accusés de diffamation criminelle et  pour insulte au Président Paul Biya.

Le CPJ a révélé que les autorités avaient initialement inculpé les journalistes de «non-dénonciation» pour avoir omis de divulguer à l'Etat des informations et des sources susceptibles de nuire à la sécurité nationale en vertu du Code pénal camerounais.

"Le changement des accusations contre Bola, Wamé et Tongué montre que les autorités camerounaises n'avaient aucun grief réel contre ces journalistes", a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ, à New York.

"Leur poursuite est une parodie de justice depuis le début et les journalistes devraient être enfin libres de continuer leur travail sans crainte de représailles".

Selon le CPJ, l'affaire a été ajournée jusqu'au 18 octobre pour la clôture des débats.

S'ils sont jugés coupables, les journalistes risquent d'être condamnés à une peine d'emprisonnement d'un à cinq ans et à une amende de 20 mille à 20 millions de F de l'Afrique centrale (environ 36 à 35 988 dollars américains).

Le communiqué a noté que les avocats des journalistes ont remarqué que les nouvelles accusations portées contre eux n'avaient aucune valeur puisque les journalistes n'avaient rien publié qui ait insulté le président Biya.

Ils ont également soutenu qu'une plainte de l'accusateur est nécessaire pour procéder à des accusations d'insulte, mais l'équipe de défense n'avait pas reçu une telle plainte du président Biya.

Entre-temps, le CPJ a déclaré que les accusations de 2014 étaient liées à une enquête menée par les journalistes sur des allégations de collusion entre des membres des forces de sécurité camerounaises et un dirigeant d'un groupe armé de la République centrafricaine.

Il a cependant été révélé que les journalistes n'ont jamais publié un article sur le sujet.
-0- PANA MLJ/MA/MTA/IS/SOC 14oct2017

14 octobre 2017 16:22:44




xhtml CSS