Etats-Unis : Le CPJ demande la libération d'un journaliste en bisbilles avec un gouverneur.

New York, États-Unis (PANA) - L'organe en charge de la protection et de la défense des journalistes (CPJ) a demandé aux autorités de la République démocratique du Congo de libérer sans tarder, Eliezer Ntambwe, un journaliste et présentateur à l'organe de média privé et la chaine youtube, Tokomi Wap.

Dans un communiqué publié à New York, ce mercredi, le CPJ y a déclaré que le Police judiciaire de la RDC avait procédé, mardi, à l'arrestation de Ntambwe dans les locaux de Tokomi Wapi, à Kinshasa, avant d'être présenté devant le bureau du Procureur général à Gombe, un district situé dans le Nord-ouest de la même localité, où il est présentement en détention.

Selon le même communiqué, M. Ntambwe, a été mis aux arrêts après que le gouverneur de la province orientale du Kasaï, dans le Centre de la RDC, en l’occurrence, M. Ngoyi Kasanji, l'eût accusé de diffamation et de chantage par rapport à un entretien que le journaliste avait eu avec du gouverneur, si l'on en croit à l'avocat du journaliste, Me Hervé Diakiese et l'Observatoire pour la liberté de la presse en Afrique (OLPA).

"Aucun journaliste ne devrait pas être privé de sa liberté simplement sur la base d'accusations d'un haut-dignitaire politique et avant même que la Justice fasse son travail", a indiqué le coordinateur du programme CPJ en Afrique, Angela Quintal.

"M. Elier Ntambwe devrait bénéficier de la liberté provisoire en attendant que les enquêtes de la Justice soient terminées".

Pour sa part, le gouverneur Kasanji, a déclaré que la détention du journaliste, Ntambwe, était légale puisque le procureur continuait l'enquête par rapport aux accusations formulées à l'endroit du journaliste.

Selon l'avocat du journaliste, Me Diakiese, les investigations pourraient être menées indépendamment de la mise en détention de son client. Il a, par ailleurs, confié au CPJ avoir déposé une demande pour la libération de son client.

Selon Me Diakiese, les procédures pénales conférent jusqu'à 5 jours au terme des investigations pour pouvoir arrêter M. Ntambwe. Après le délai des 5 jours, le procureur peut demander à un juge de mettre en détention préventive son client pour une période additionnelle de 15 jours, a indiqué Me Diakiese à l'endroit du CPJ.

Le gouverneur a confié au CPJ que M. Ntambwe avait cherché à exercer des chantages et des menaces à son encontre par rapport à la diffusion d'un entretien datant du 8 mars dans lequel le journaliste s'était entretenu pour le compte de son organe de presse, Tokomi Wapi, avec deux invités qui avaient accusé le gouverneur de la province orientale du Kasaï, M. Kasanji, d'avoir saisi violemment un diamant aux mains d'un mineur.

"Il m'a demandé de l'argent pour ne pas diffuser l’entretien", accuse le gouverneur qui a par ailleurs déclaré avoir refusé de céder au chantage du journaliste.

Les journalistes congolais, signale-t-on, s'étaient rassemblés devant les locaux du bureau du procureur pour exiger la libération de leur collègue. Au cours de l'année passée, les journalistes congolais avaient été constamment victimes de harcèlement et d'arrestations dans le cadre de leur travail, souligne le CPJ.
-0- PANA PR/MA/BAD/IS/IBA 05avr2018

05 april 2018 15:04:47




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