Environ 90 % des femmes maliennes en âge de procréer ont subi l'excision

Bamako, Mali (PANA) - Environ 90% des femmes en âge de procréation au Mali ont subi l’excision, faisant de la pratique un réel problème de santé publique, a appris la PANA mercredi à l’ouverture d’un atelier de formation sur l’excision à l’intention des membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) du Mali.

Selon l’Enquête démographique et de santé (EDSM) de 2012-2013, toutes les régions du pays sont concernées, même si les régions du Nord affichent un taux relativement faible par rapport à celles du Sud. Les filles sont les plus concernées par le phénomène: 43,3% pour les jeunes filles âgées de 0 à 4 ans, 51% pour les jeunes filles âgées de 5 à 9 ans et 52,1% pour les jeunes filles âgées de 10 à 14 ans.

D’après une source du ministère malien de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, l’excision a de graves conséquences sur la santé maternelle et infantile comme l’hémorragie pouvant conduire à la mort, les infections à répétition, la stérilité, les accouchements dystociques pouvant engendrer la mort de la mère et celle du fœtus et le risque de transmission du VIH.

Elle constitue également, selon la même source, une violation fondamentale des droits des filles et des femmes tels qu’ils sont énoncés dans de nombreuses conventions internationales ratifiées par le Mali.

L’élimination de toutes les formes de Mutilations génitales féminines (MGF) est indispensable à la réalisation d’au moins trois Objectifs de développement pour le Millénaire (OMD): l’égalité des sexes et à l’autonomisation de la femme, la réduction de la mortalité maternelle et l’amélioration de la santé maternelle.

En dépit d’un avant-projet de loi contre l’excision en 2002, le Mali n’a pas officiellement interdit la pratique de l’excision, contrairement au Sénégal, au Burkina-Faso, à la Côte d’Ivoire et récemment à la Gambie. Toutefois, l’Etat malien et certaines ONG ont fait de son éradication l’une de leurs priorités.

Initié par le Programme national de lutte contre l’excision (PNLE), en collaboration avec l’ONG PLAN-Mali, l’atelier entend contribuer au renforcement des capacités des membres du CESC sur le phénomène des MGF et des droits de l’Enfant. Il ambitionne aussi de persuader les participants à prendre un engagement à soutenir le processus d’adoption de la loi contre la pratique de l’excision.

Selon un constat du PNLE, l’ampleur du phénomène au Mali s’explique principalement par des facteurs coutumiers. Il a rappelé les initiatives prises en faveur de l’élimination de la pratique telles la création du Comité national d’action pour l’abandon des pratiques néfastes en 1999, du PNLE en 2002, la publication d’une lettre circulaire en janvier 1999 interdisant l’excision en milieu médical et l’institutionnalisation de la Journée du 6 février « Tolérance Zéro aux MGF» et l’adoption de la Politique nationale et des Plans d’action nationaux pour l’abandon de la pratique, ainsi que la prise en charge des cas de complications liées aux MGF.
-0- PANA GT/BEH/IBA  02déc2015

02 décembre 2015 15:17:38




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