Environ 300 écoles toujours fermées dans le Centre et le Nord Mali en raison de l'insécurité

Bamako,  Mali (PANA) - Au total, 284 écoles sont toujours fermées dans le Centre et le Nord du Mali à cause de l’insécurité, alors qu’à Kidal (nord), la pénurie d’eau est préoccupante et les ressources financières manquent pour entreprendre des actions urgentes, indique le bulletin mensuel du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), publié en fin février et dont copie est parvenue vendredi  à la PANA.

Cette publication couvre les mois de décembre 2015 et janvier 2016 sur la situation humanitaire au Mali, précise-t-on.

Selon la publication onusienne, la pénurie d’eau à Kidal est imputable à la faible pluviométrie enregistrée l’année dernière et à la sécheresse qui s’annonce.

"Le niveau de la nappe phréatique a considérablement baissé par rapport à l’année dernière", indique l’organisation.

Dernièrement, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a mené des essais de pompage des forages qui servent d’adduction d’eau à Kidal.

Les conclusions n’ont pas été encourageantes car, selon OCHA, certains forages qui produisaient auparavant des débits d’exploitation de près de "20 mètres cubes/heures ne peuvent être exploités aujourd’hui au-delà de 3 mètres cubes/heure".

Le château d’eau de la ville de Kidal, d’une capacité de 500 mètres cubes, ne contient que 350 mètres cubes.

Autre fait inquiétant signalé par l’OCHA, est l’assèchement des puits pastoraux.

Selon les ONG humanitaires, cela a déjà causé le déplacement des populations et de leur bétail vers les zones urbaines et d’autres secteurs à la recherche de points d’eau.

Le Coordinateur humanitaire régional pour le Sahel, Toby Lanzer, en visite à Kidal en janvier, attirait déjà l’attention sur la crise d’eau qui menace la région.

D’ici le mois de mai les conséquences risquent d’être désastreuses, avertit OCHA.

"Faute de réponse adéquate, ce manque d’eau pourrait poser de graves risques à la santé humanitaire, provoquer des conflits autour des points d’eau ainsi que des déplacements importants de populations", indique le bulletin humanitaire qui estime que l’activité économique principale de la région, l’élevage, risque aussi d’en pâtir parallèlement, les organisations humanitaires annoncent l’insuffisance des ressources pour mener des actions urgentes comme les distributions gratuites d’eau, l’entretien des forages ou encore la réalisation de micro-barrages pour la retenue de l’eau de pluie.

Lors du lancement du plan de réponse humanitaire 2016 pour le Mali, les ONG avaient lancé un appel pour la mobilisation de près de 200 milliards de FCFA pour financer 127 projets humanitaires au bénéfice d’un million de personnes.

Dans le domaine de l’éducation, le taux de fermeture d’écoles est particulièrement préoccupant dans les Centres d’animation pédagogique (CAP) de Ténenkou, où 71 écoles sur un total de 93 sont fermées et Djenné, où 22 écoles sur 100 le sont, a indiqué OCHA.    

Par contre, dans les régions du Nord du pays, des réouvertures ont été enregistrées. Ténenkou et Djenné sont des Cercles de la région de Mopti, dans le centre du pays où règne le Front de libération du Macina (FLM) du terroriste Amadou Kouffa. Par ailleurs, les ONG humanitaires déplorent le manque de cantines et d’infrastructures scolaires.
-0- PANA GT/JSG/IBA 04mar2016  

04 mars 2016 12:48:51




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