Ebola et le terrorisme au menu des discussions à l'ouverture du Sommet de la Cedeao à Abuja (Par Segun Adeyemi, Correspondant PANA)

Abuja, Nigeria (PANA) - Confrontés à une épidémie d'Ebola qui fait rage et au terrorisme, entre autres défis, les dirigeants ouest-africains ont convergé ce lundi sur la chatoyante capitale du Nigeria, Abuja, pour leur 46ème sommet ordinaire, a rapporté la PANA sur place.

Ce sommet d'une journée du bloc régional de la Cedeao, qui a été déclaré ouvert par le président du Ghana et président en exercice de la Cedeao, John Dramani Mahama, va faire le bilan de l'année écoulée, envisager les mesures pour consolider la paix et la sécurité et renforcer la démocratie et la bonne gouvernance.

Il va également se pencher sur l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 6.500 morts principalement dans les trois pays les plus touchés - Guinée, Liberia et  Sierra Leone - tous membres de la Cedeao.

Aucun chef d'Etat de ces trois pays ne participe au sommet, ayant apparemment choisi de rester chez eux pour coordonner personnellement la lutte de leur nation contre Ebola.

Un des participants attendus, cependant, est Michel Kafando, le président intérimaire du Burkina Faso, qui assiste à son premier sommet depuis qu'il a été investi de la direction des efforts de son pays pour un retour à un régime démocratique, qui aboutiront à des élections en novembre 2015, suite à la vacance du pouvoir créée par l'éviction du pouvoir par le peuple du président Blaise Compaoré.

En soulignant l'importance attachée aux efforts pour contenir la propagation de la maladie à virus Ebola (Mve) par les 15 Etats membres de la Cedeao, presque tous les intervenants à la cérémonie d'ouverture, qui a fait salle comble, ont évoqué la question de cette maladie dévastatrice.

Le président du pays organisateur, Goodluck Jonathan, a demandé des contributions généreuses au Fonds de solidarité de la Cedeao, mis sur pied pour lutter contre cette maladie, qui selon lui a eu un impact négatif sur l'économie de la région.

"Tout en reconnaissant que des progrès notables ont été faits dans le domaine de la démocratie et de la croissance économique, je dois également reconnaître que notre sous-région continue à être confrontée à de sérieux défis.

"Le plus important de ces défis aujourd'hui étant l'épidémie dévastatrice d'Ebola. Ces six dernier mois, nous avons pu constater l'impact négatif de la maladie à virus Ebola sur la région", a souligné le président Jonathan.

Il a également préconisé une alliance régionale, continentale et mondiale plus forte et plus efficace pour "débarrasser la région du terrorisme, de la piraterie et de l'extrémisme violent", face à la rébellion de Boko Haram qui ravage des parties de son pays.

Pour sa part, le président Mahama a indiqué que les difficultés créées par Ebola dans les trois pays les plus touchés ont des répercussions dans toute la région de la Cedeao.

"Nous avons reconnu qu'Ebola est une menace pour notre processus d'intégration régionale et notre pays, notre sécurité et le développement économique de notre région. Ainsi, nous avons résolu d'éradiquer Ebola dans notre sous-région lors de notre récente session extraordinaire de l'Autorité des chefs d'Etat et de Gouvernement qui s'est tenue à Accra le 06 novembre 2014", a-t-il rappelé.

Le président en exercice de la Cedeao a déclaré que si "des progrès ont été notés au Liberia et en Guinée, les nouvelles de la Sierra Leone restent une source d'inquiétude sérieuse".

Il a averti qu'Ebola est toujours un défi très séreux, d'où la nécessité de ne pas céder à la complaisance "dans le cadre de nos efforts jusqu'à la guérison de la dernière personne infectée par Ebola et l'éradication de cette dernière des pays touchés.

Dans son discours d'ouverture, le président de la Commission de la Cedeao, Kadré Désiré Ouédraogo, a salué les dirigeants de la Cedeao pour la mobilisation de la Communauté entière pour les Etats membres touchés par la Mve.

En plus de la constitution du Fonds de solidarité régional, le pari gagné de la mobilisation a permis la mise en place de mécanismes pour la coordination des activités à mener dans les divers Etats membres", a-t-il souligné.

En s'exprimant également à l'ouverture de la réunion, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Mohammed Ibn Chambas, a qualifié la Mve  de "fléau le plus dévastateur qui ait touché l'Afrique depuis des décennies", en indiquant qu'il avait un impact direct sur l'intégration régionale, la paix, la sécurité et les activités socio-économiques.

La PANA rappelle que ce 46ème sommet ordinaire est le dernier avant la célébration en mai 2015 du 40ème anniversaire de la création de la Cedeao, dont les préparatifs ont déjà démarré.

Le sommet prend fin ce lundi sur un communiqué énumérant les actions à mener sur les divers points au programme.
-0- PANA SEG/VAO/FJG/BEH/IBA  15 décembre 2014

15 décembre 2014 14:53:30




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