Djibril Bassolé pour un front uni de la rébellion au Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les rebelels du darfour doivent constituer un front uni dans leurs négociations avec le gouvernement soudanais pour la signature d'un accord politique destiné à mettre fin au conflit dans l'Ouest du Soudan, a estimé, mardi, Djibril Bassolé, médiateur principal de l'ONU, dans la capitale éthiopienne.
Dans une interview exclusive accordée à la PANA, M.
Bassolé, qui est également médiateur principal de l'Union africaine dans le même conflit, a déclaré que les groupes rebelles avaient accepté d'entamer un dialogue substantiel avec le gouvernement soudanais, mais sont restés désunis dans leur approche.
"Les rebelles doivent parler d'une seule voix.
Ils luttent pour la même cause, à savoir l'amélioration de la vie de la population du Darfour.
Ils se battent pour l'instauration de la Bonne gouvernance, l'inclusion économique et l'inclusion des femmes dans la conduite des affaires publique.
Ils sont divisés.
Ma mission consiste à appeler toutes les parties à s'unir pour démarrer le processus de médiation", a expliqué le médiateur, en marge du sommet de l'Union africaine en cours à Addis-Abeba.
Toutefois, le médiateur a exceptionnellement reconnu qu'il avait accepté de conduire le processus de médiation car il pense que les rebelles du Darfour avaient une cause valide à défendre et était disposé à offrir son expérience militaire pour aider à résoudre la crise politique.
"J'ai accepté d'être le médiateur car je pense qu'il faut de meilleures conditions de vie pour les gens dans les villages africains.
Ce sont des questions à l'origine de conflits et les raisons pour lesquelles les Africains se battent", a fait savoir l'ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso.
Les premiers combats ont éclaté au Darfour en début 2003, quelques jours après la signature d'un accord de paix global mettant fin à un conflit similaire dans le Sud-Darfour, qui avait fait rage durant 21 ans -devenant ainsi le plus long conflit civil du continent africain.
L'Accord de paix global a vu la formation d'un gouvernement d'union pour le Soudan et un gouvernement séparé pour le Sud-Soudan, qui jouit d'une certaine autonomie, en vue de favoriser l'unité politique du Soudan.
Les experts politiques s'étaient dit persuadés que le règlement du conflit au Sud-Soudan permettrait un règlement rapide du conflit soudanais.
Toutefois, le conflit continue de perdurer et le gouvernement soudanais a lancé une nouvelle offensive militaire pour tenter de reprendre le contrôle d'une région du Darfour, récemment passée sous le contrôle des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE).
Le médiateur de paix ONU/UA, qui a assumé sa nouvelle mission en août 2008 après que sa nomination a été approuvée par les dirigeants africains lors d'une réunion en Egypte, a dit que le dialogue de paix substantiel au Darfour progressait en dépit de revers manifestes.
Selon lui, la division au sein des groupes rebelles au Darfour restait un obstacle pour un règlement pacifique du conflit et que la reprise des combats dans cette région où la situation est explosive menace de réduire à néant les effort déjà entrepris pour ramener la paix.
M.
Bassolé a enfin observé que le processus politique était sous le coup de menaces imminentes avec l'énoncé attendu du verdict de la Cour pénale internationale (CPI), qui pourrait se traduire par l'arrestation du président soudanais Omar el-Béchir "pour crimes de guerre".

03 février 2009 14:08:00




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