Disparition d'un journaliste libyen à Tripoli

Tripoli, Libye (PANA) - Le journaliste libyen, Sleiman Kachout, président de Tripoli Septimius Award, un prix recomposant les œuvres de créativité télévisées et radiophoniques, a été enlevé dimanche dans un café de la capitale libyenne, en compagnie du directeur du prix, Mohamed al-Yacoubi, par des individus non identifiés, ont indiqué des sources concordantes lundi.

Le Conseil des secrétaires du prix Septimius Award a accusé la Force de Dissuasion, une brigade relevant du ministère de l'Intérieur, d'avoir enlevé le président du prix, le journaliste avocat Sleiman Kachout et le directeur du prix, l'ingénieur Mohamed al-Yacoubi, dimanche soir, dans un café de Tripoli.

Dans un communiqué publié lundi, le Conseil des secrétaires a affirmé que l'enlèvement de Kachout et al-Yacoubi a été mené par la Force de Dissuasion sans aucune autorisation du ministère public ou sur la base d'accusations légales.

Il a estimé qu'il s'agit "d'une violation flagrante des lois locales qui empêchent la convocation, l'enlèvement ou l'arrestation de quelconque citoyen libyen sans l'autorisation du ministère public", exprimant "sa ferme condamnation du kidnapping de deux collègues Kachout al-Yacoubi par une institution se réclamant sous tutelle du ministère de l'Intérieur au sein du gouvernement d'union nationale".

Le conseil des secrétaires du prix a demandé la libération immédiate des personnes enlevées, appelant les collègues journalistes, artistes et avocats à manifester leur solidarité avec leurs camarades en captivité et d'œuvrer à lever l'injustice à leur encontre.

Tripoli Septimius Award est le premier prix récompensant les œuvres de la radio et de la télévision et de la créativité en Libye, organisé par "Nomedia Group" dirigé par Sleiman Kachout, en coopération avec le ministère de la Culture et de la Société civile. Il est basé à Tripoli. Le nom du prix était aussi celui de l'empereur romain Septimus Severus qui est né et a grandi dans la ville libyenne de Lebda (Leptis Magna).

Les rapts sont très fréquents à Tripoli et sont souvent l’œuvre de milices puissamment armées qui font la loi dans Tripoli, profitant du chaos dû à l’absence d’organes de sécurité étatiques.

Ces milices recourent aux enlèvements pour faire pression afin d’obtenir des concessions ou pour intimider un adversaire politique, explique-t-on.
-0-PANA BY/BEH/SOC 30avr2018

30 avril 2018 22:19:19




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