Difficile équation de l'intégration sous-régionale en Afrique centrale

Libreville- Gabon (PANA) -- Contrairement aux Etats d'Afrique de l'Ouest où l'intégration régionale avance à grands pas, notamment sur les plans économique et de la libre circulation des personnes et des biens, ceux de l'Afrique centrale semblent avoir manqué le départ du "train de l'intégration", à tel point que le protectionnisme, le nationalisme et la peur d'une ouverture des frontières constituent de sérieux obstacles à une intégration pourtant souhaitée.
Les travaux de construction de deux ponts inter-Etats ont été lancés le 7 août 2003, pour permettre de relier plus facilement le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, trois pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).
Ce projet, qui doit s'achever d'ici à 2005, est financé par la France, la Banque africaine de développement (BAD) et l'Union européenne (UE) à hauteur de 20 milliards de F CFA (30,5 millions d'euros environ), a précisé à la PANA, la représentation de l'UE à Libreville.
Le Premier ministre gabonais, Jean-François Ntoutoume Emane, entouré des représentants des deux autres pays, avait inauguré ces travaux qui devraient permettre d'améliorer, en toutes saisons, la circulation routière dans cette région dite des "Trois frontières".
"Deux ponts frontaliers sur le fleuve Ntem et une route bitumée vont remplacer dans deux ans les bacs et pistes dégradés", avait expliqué le ministre gabonais des Travaux publics, Egide Boundono Simangoye, annonçant que la nouvelle route va relier Yaoundé et Libreville en une journée.
La CEMAC comprend le Gabon, la Guinée équatoriale, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville et le Tchad.
Cette organisation tente de développer les liaisons entre ses différents Etats membres et prévoit, notamment, la mise en place d'une compagnie aérienne, dénommée Air CEMAC.
L'annonce de l'entrée en vigueur, en juillet 2001, d'un passeport unique pour les habitants de la CEMAC avait suscité beaucoup d'espoir pour alléger les formalités de police et de douane aux frontières.
Longtemps prônée lors des réunions successives par les chefs d'Etat de la sous-région d'Afrique centrale, la question de l'intégration régionale reste lettre morte.
Les promesses de reconnaissance d'une citoyenneté pouvant favoriser les déplacements et les échanges entre pays voisins n'ont pas été suivies de faits, le retard dans la mise en circulation du passeport unique pénalise le développement économique de la sous-région.
"L'intégration régionale est loin d'être une réalité en Afrique centrale puisque les Etats ont, au cours des 30 dernières années, animé sans arrêt des commissions pour délimiter les frontières, signe d'une contraction de la part de certains pays à oeuvrer pour un espace unique", analyse Emile Nguema, ingénieur à l'Institut géographique national.
En réalité, des réactions défavorables subsistent au niveau des hauts responsables politiques des pays dans une sous-région où les ressortissants d'un pays sont difficilement acceptés dans un autre, et où, à cause du grand banditisme et du chômage, les formalités d'obtention de visas sont très difficiles.

10 Setembro 2003 11:58:00




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