Deux jeunes femmes aux commandes d'un avion monomoteur

Johannesburg- Afrique du Sud (PANA) -- Deux Sud-Africaines, la trentaine, ont effectué lundi un vol à bord d'un avion monomoteur depuis les Etats-Unis jusqu'à Lanseria Airport à Johannesburg.
Les braves pilotes ont volé sur une distance de 8.
608 miles nautiques (environ 16.
000 km) de Wichita, aux Etats-Unis, à travers l'Océan Atlantique, jusqu'à Lanseria, en Afrique du Sud.
Parrainées par CHC Global, Denise (Vippy) Hellmann et Lillith Seals ont commencé leur incroyable voyage le 5 septembre à Wichita, au Kensas, où elles ont pris possession de l'appareil, un Beachcraft Bonanza BE36.
Après trois jours d'apprentissage intensif relatif au fonctionnement de l'appareil et d'essais sur l'avion et ses instruments, elles étaient prêtes pour prendre le départ pour la première manche de leur voyage, n'imaginant pas un instant que leur vol, si méticuleusement préparé, allait être interrompu par les récentes attaques terroristes.
Le 9 septembre, les deux aviatrices sont parties pour Bangor, dans le Maine, où l'avion a été modifié pour leur permettre de faire leur vol de dix jours dans des circonstances les plus difficiles et les plus dangereuses.
En deux jours, les sièges arrières étaient enlevés pour permettre d'entreposer deux réservoirs de carburant supplémentaires de 70 gallons chacun.
Le seul réservoir de carburant ne fournissait du carburant que pour un temps de vol d'environ cinq heures, alors que chaque phase du vol devait durer quatre à huit heures.
Toutefois, pendant leur séjour à Bangor, il s'est produit l'événement le plus important de l'histoire mondiale depuis la seconde guerre mondiale (L'attentat terroriste du 11 septembre) et le trafic aérien tout entier a été arrêté jusqu'à nouvel ordre.
Bloquées au Maine, les deux dames ont dû attendre jusqu'à ce qu'il leur soit permis d'aller à St John's, New Foundland, leur dernière escale avant d'attaquer bravement l'Atlantique.
Alors que l'Amérique n'arrivait pas à se remettre des suites des attentats terroristes de New York et Washington, Vippy et Lillith étaient bien traitées.
Mais, a dit Vippy, la suspicion s'est installée quand on a découvert des liens entre l'école de pilotage qu'elle et Seals fréquentaient dans le Wichita et celle où ont été formés les terroristes pour pouvoir piloter des avions commerciaux en Floride.
Non seulement elles ont dû affronter les suspicions au moment de prendre livraison de leur appareil, mais elles ont dû également attendre le passage de l'ouragan Felix, à New Fountland, jusqu'au mardi 18 septembre.
Mais elles ont dû quitter mardi matin à tout prix, étant donné qu'un second événement météorologique - Ouragan Gabriel- était prévu à New Fountland mercredi, ce qui aurait encore retardé leur départ.
Le vol au dessus de l'Atlantique vers Santa Maria, dans les Açores, a été la phase la plus dangereuse du voyage.
Le manuel de l'Autorité Fédérale de l'Aviation (FAA) pour les vols au-dessus de l'Atlantique contient des directives très fermes sur la sécurité, notamment la disponibilité d'un canot et d'un gilet de sauvetage parce que les températures dépassent rarement 6°C, les deux femmes ont dû voler avec leur équipement de survie.
"On ne survit pas dans une eau aussi froide plus de 30 secondes, on n'a donc pas le temps de mettre une combinaison de plongée", a dit Vippy avant de quitter.
Un bâteau peut prendre quatre heures avant de venir au secours de pilotes en difficulté.
Il a fallu huit heures et six minutes au duo pour faire 1370 miles nautiques depuis St John qu'elles ont quitté aux premières heures du matin pour être sûres d'arriver à Santa Maria en plein jour.
Elles ont traversé la dépression des Açores, un phénomène climatique influencé par la poussée de l'air froid au-dessus de l'Atlantique qui entraîne des conditions de vol très difficiles.
Selon la FAA, les aviateurs ne peuvent voler en se fiant aux conditions météorologiques visuelles (VMC), mais ils doivent le faire avec des conditions météorologiques par instrument, en raison de la faible visibilité au dessus de l'Atlantique.
Toutefois, la traversée a été un succès: "C'était formidable, le soleil entrait à flots, et nous avions très chaud, mais nous avons eu de la chance avec le temps", a dit Vippy.
Vippy et Lillith ont passé une nuit pour récupérer de leur difficile traversée avant de quitter pour un voyage relativement plus court sur Ténerife.
Sur place, elles ont passé deux nuits avant d'attaquer la partie la plus longue de leur voyage vers Accra, au Ghana.
Une fois que le duo a quitté Ténérife, les seuls problèmes auxquels il a eu à faire face ont été des démêlés avec les douanes à Ondangwa, en Namibie, le dimanche soir, ce qui leur a fait rater un repos bien mérité dans une réserve naturelle.
Pour la Journée de l'Héritage, en Afrique du Sud -lundi 24 septembre- trois générations étaient réunies, les enfants et les petits enfants de Vippy et Lillith les ont accueillies pour leur retour.
Lorsqu'elles sont revenues raconter l'histoire de ce voyage incroyable, la plupart des gens n'osent même pas rêver, encore moins y survivre pour la raconter.

26 septembre 2001 11:35:00




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